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  • Lettre pour lettre - Transcrire, traduire, translittérerJean Allouch
    Un psychanalysant voit en rêve l’image de la lettre H. Elle est dessinée en blanc sur un panneau à fond bleu. Ces précisions disent que H chiffre le signifiant « hôpital ». Dès lors, l’interprétation suit : la veille son psychanalyste était intervenu d’une manière intempestive et ce H, qui renvoie à l’injonction « silence ! », vient signifier au psychanalyste qu’il a à tenir sa place… et rien de plus. L’être qui peut ainsi lire sa trace se fait « dépendant d’un Autre dont la structure ne dépend pas de lui ».

    Trad. en espagnol de Marcelo, Nora et Sylvia Pasternac Letra por letra / traducir, transcribir, transliterar Cordoba Argentine, EDELP, sept 1993.

    Trad. en portugais de Dulce Duque Estrada Letra a letra, transcrever, traduzir, transliterar, Rio de Janeiro, Companhia de Freud, déc. 1995.

    Réédition désormais disponible sous format électronique chez Eden Livres ou chez votre revendeur habituel au prix de 9,49 €.

  • Freud, et puis LacanJean Allouch
    Comment Lacan aura-t-il pu – s’il l’a pu – décisivement toucher aux fondements eux-mêmes de la psychanalyse et donc porter atteinte à bon nombre de postulats freudiens sans que, pour autant, la psychanalyse ainsi recomposée ait cessé d’être freudienne ?
  • Marguerite ou l'Aimée de Lacan - 2e éd. revue et corrigéeDidier Anzieu, Jean Allouch
    En 1986, le psychanalyste Didier Anzieu confirmait que sa mère avait été Aimée, cette femme dont Lacan écrivit la folie dans sa thèse. Par la grâce de cette identification, des noms pouvaient sortir comme de l’ombre, des lieux, des dates venaient prendre leur place ; ainsi s’ouvrait la possibilité d’une lecture enfin critique de la seule monographie clinique jamais écrite par Lacan. L’ouvrage comporte les documents d’époque. On y trouve aussi la correspondance Allouch/Anzieu qui accompagna l’écriture du livre. Le dernier mot revient à Anzieu en sa postface.

    Ouvrage également disponible sous format électronique chez Eden Livres

  • Erotique du deuil au temps de la mort sèche - (3° éd. revue et augmentée)Jean Allouch
    Le « travail du deuil » est devenu une banalité. L’objet du deuil, prétend-on, est substituable. Voilà le credo qu’il s’agit d’interroger. D’abord avec Philippe Ariès, en replaçant cette version psychanalytique dans son contexte historique : comme une tentative de survie de la mort romantique à l’instant même (1914-1918) où elle laisse place à la mort sèche. Puis, lisant en détail l’interprétation d’Hamlet donnée par Lacan, Allouch avance ici la thèse opposée : l’objet du deuil est insubstituable. Le deuil n’est pas changer d’objet mais modifier le rapport à l’objet. La lecture d’une nouvelle de Kenzaburo Ôe vient préciser le concept de gracieux sacrifice de deuil. En filigrane de ces trois études particulières, l’ombre grise d’un enfant mort vient tendre ses filets de rêves et de cauchemars.
  • Louis Althusser récit divanJean Allouch
    Le philosophe Clément Rosset crut devoir se faire le pourfendeur de la soumission intellectuelle et associer nommément Lacan et ses élèves aux égarements de l’imposture althussérienne. Quelle place Lacan a-t-il tenue dans le cas Althusser ? Quel statut accorder au meurtre de sa femme ? Que visent à opérer les publications posthumes ?
  • Un sujet sans moi - Psychanalyse et expérience mystiqueSean Wilder, Françoise Wilder
  • Les secrets du CaravageLeo Bersani, Ulysse Dutoit, Isabelle Châtelet
    Leo Bersani et Ulysse Dutoit réussissent à aborder l’œuvre du Caravage (Michelangelo da Merisi, 1573-1610) sans produire une analyse seulement esthétique ni une interprétation psychanalytique du peintre. Ils partent des premiers portraits de garçons pour insister sur leur caractère impénétrable. La tension qui existe entre l’invite érotique et les mouvements de retrait et de dissimulation des personnages les amène à attribuer l’intérêt de ces œuvres à la séduction énigmatique des regards et des poses qui appellent l’intimité tout en l’empêchant.
    Faisant l’hypothèse que l’invite érotique énigmatique instaure des relations fondées sur une «fascination paranoïde», ils montrent ensuite comment le Caravage cherche, au fil de son œuvre, à dépasser ces relations. En détournant subtilement les thèmes chrétiens qu’il exécutait sur commande, le peintre expérimente un espace qui n’est plus circonscrit par la fascination pour les secrets imaginaires de l’autre (même si elle persiste) et où il explore un mode relationnel radicalement nouveau. Par exemple, dans l’œuvre la plus originale, Saint Jean Baptiste au bélier, les auteurs déchiffrent une sensualité non érotique qui coïncide avec les tentatives les plus excitantes d’aujourd’hui pour repenser, peut-être même pour réinventer, le réseau des liens sociaux, la communauté.

    Leo Bersani a enseigné longtemps au département de l’université de Californie (Berkeley). Il est l’auteur, entre autres, de : Baudelaire et Freud, Théorie et violence : Freud et l’art (trad. fr. Seuil, 1981 et 1984) et Homos. Repenser l’identité (trad. fr. Odile Jacob, 1998), et coauteur, avec Ulysse Dutoit, de The Forms of Violence. Narrativity in Assiryan Art and Modern Culture (New York, 1985) et de Arts of Impoverishment : Beckett, Rothko, Resnais (New York 1992). Ulysse Dutoit enseigne le cinéma à l’université de Californie (Berkeley).
  • Dits à la télévision, - Entretiens avec Pierre DumayetMarguerite Duras, Marie-Magdeleine Lessana
    Ce livre propose la transcription intégrale de deux interviews que Marguerite Duras a données à Pierre Dumayet en 1964 et 1966 à la parution des romans Le ravissement de Lol V. Stein et Le vice-consul. S'y ajoutent des réactions à ces propos trente ans plus tard. Marguerite Duras parle de la façon dont lui sont venus les personnages de ces deux romans, de leurs liens avec sa propre vie, du mouvement de l'écriture.
    L'essai de M.-M. Lessana souligne l'apport de ces interviews, particulièrement quant à l'issue du roman Le ravissement…
  • AiméeMarguerite Anzieu, Didier Anzieu, Gilles Blanchard, Isabelle Lafon
    L'œuvre écrite de Marguerite Anzieu, l'Aimée de Lacan, relève-t-elle de l'art ? Deux artistes mettent cette question à l'épreuve du théâtre.

    Ouvrage épuisé.

  • Le crime était presque sexuelMarcela Iacub
    Le droit, discipline aux charmes méconnus, s’avère ici un exercice extravagant et quasi fantastique, mais aussi une pratique de vérité et de critique politique. Extravagant et fantastique parce qu’il traite de figures insolites telles que le mariage des impuissants, la prohibition des rapports sexuels entre personnes handicapées mentales et valides, le fait de porter plainte pour ne pas avoir été avorté, ou encore de ces vivants que l'on déclare cérébralement morts pour mieux les tuer. Ces cas limites mettent Marcela Iacub sur la voie de ce que l'on pourrait appeler les raisons du droit. Ces histoires extraordinaires sur la sexualité, la vie, les genres et la famille, nous apprennent que le droit fait plus que de légiférer sur une réalité préétablie. L’exception arrache à la règle les dehors sous lesquels elle se rend acceptable. Les cas limites démasquent les idéologies qui font accepter le droit existant et empêchent de le transformer. Dans le contexte actuel de forte juridicisation des questions politiques, on a pu entendre que le droit devait, entre autres choses, empêcher que nous ne devenions fous, nous donner "des repères" – comme si nos États étaient devenus de grandes crèches pastoralement gardées. Cet ouvrage conteste ces discours liberticides, non pour prôner que le droit peut tout, qu’on serait en mesure de tout recommencer, comme si l’on vivait la fête d’une aube perpétuelle, il tente au contraire, à l’aide de l’outil juridique, d’ouvrir pleinement au vertige d’une liberté finie. Ou, pour reprendre le mot de Foucault, de "saisir les points où le changement est possible et souhaitable (…) pour déterminer la forme précise à donner à ce changement".
  • L'écritoire de LacanJorge Baños Orellana
    Comment et pourquoi Jacques Lacan a-t-il conté sept versions différentes du cas de l’homme aux cervelles fraîches, aucune n’étant fidèle au récit d’Ernst Kris ? Pourquoi et pour qui s’est-il enfermé dans son écritoire, de mars à octobre 1966, introduisant des milliers de corrections à plus de cinq cents paragraphes de ses Écrits ? Pourquoi les écrits de Lacan sont-ils plus candides et prudents que les séminaires qui constituent leur point de départ ? Quel motif eut le «Retour à Freud» de faire la sourde oreille à l’endroit de certains livres de Freud ? Comment se fait-il que les théories postmodernes de l’écriture et de la lecture encouragent un abord de paragraphes de Lacan que la majorité de ses commentateurs passent sous silence ? Quelles sont les preuves que le Joyce dont parle Lacan dans son séminaire Le sinthome n’est pas l’écrivain irlandais James Joyce, et quelle est la raison de cette fiction lacanienne ? Quelles sont les trois raisons pour lesquelles la conférence peu amicale «Joyce le symptôme I» devrait devenir une lecture obligée des cours d’introduction à l’œuvre de Lacan ? Voilà, entre autres, quelques unes des énigmes que déplie et discute Jorge Baños Orellana. Il souligne ainsi que les traces sinueuses d’un frayage public ne doivent pas faire négliger que Lacan, s’éloignant à l’occasion des microphones, travaillait dans l’intimité concentrée de son écritoire. D’abord publié en Argentine, El escritorio de Lacan donna lieu à un débat public entre l’auteur et Jean Allouch. Jorge Baños Orellana a souhaité que ce débat figure dans l’édition française de son ouvrage.
  • Le positivisme est un culte des morts : Auguste ComteRaquel Capurro
    Inventeur du positivisme, référence toujours actuelle pour la modernité (notamment dans l’enseignement), Comte fut aussi, ce qu’on sait moins, le fondateur de ce culte des morts qui, dès son vivant, a pris consistance sociale et qui, aujourd’hui encore, donne sa forme à la fréquentation des morts. Comte fit très tôt de sa vie une expérience et une affaire publiques. Mais comment son enseignement, son internement chez Esquirol, son divorce, son amour non consommé pour Clothilde de Vaux, puis le deuil de cette femme devenue muse le conduisirent-ils à faire du culte des morts l’envers même du positivisme ?
  • La main du prince - Petits traités du secrétaire dans l’Italie baroqueMichele Benvenga, Tomaso Costo, Salvatore S. Nigro
    Le terme de « secrétaire » ne semble plus aujourd’hui désigner qu’un emploi comme un autre. Contre cette évidence, La main du prince découvre toute la richesse de la problématique du secrétaire. Dans l’Italie baroque, deux secrétaires se résignent mal à être la main du prince. L’un, Costo, postule la nécessité d’une déférence mutuelle entre le prince et son secrétaire, tandis que l’autre, Benvenga, anéantit la fonction de secrétaire dans un rien qui a la prétention d’être tout.
  • Dementia Præcox - Groupe des schizophréniesEugen Bleuler, Jean-Paul Rondepierre, Bernadette Rancher, Georges Zimra, Henri Ey
    En 1911 paraît l’ouvrage majeur d’Eugen Bleuler Dementia præcox oder Gruppe der Schizophrenien. Sa traduction intégrale, dont Henri Ey disait qu’elle ne verrait jamais le jour, nous parvient enfin. Elle nous éclaire sur les concepts fondamentaux de la schizophrénie : Spaltung, autisme, ambivalence, défaut de modulation affective…
  • L'épopée NozièreGuy Casadamont
    Aucune affaire criminelle n’aura fait couler autant d’encre au XXe siècle que le parricide imputé à Violette Nozière. Monstrueuse jeune fille dévoyée pour les uns, victime expiatoire d’un père incestueux pour les autres : elle a déchaîné les passions, et risqué l’échafaud.
    Guy Casadamont livre ici le dossier le plus complet et ordonné que l’on puisse souhaiter sur l’épopée Nozière. Des premiers rapports de police aux actes du procès, de la grâce présidentielle aux années de prison, de sa vie ultérieure d’épouse et de mère à sa postérité actuelle, l’ensemble des acteurs entre ici en scène.
    Le récit minutieux des événements s’appuie sur les discours policier, judiciaire, pénitentiaire, littéraire, psychiatrique et psychanalytique qui auront contribué à faire de Violette une héroïne sans pareille.

    Guy Casadamont, juriste et sociologue de formation, membre de l’École lacanienne de psychanalyse, a été responsable de la revue Spy, après avoir dirigé la revue Quid pro quo, l’une et l’autre publiées par les éditions Epel.

  • Éléments de critique homosexuelle - Italie : les années de plombMario Mieli, Massimo Prearo
  • Incroyance et paternitésCharles-Henry Pradelles de Latour
    La « fonction paternelle » n’est pas une constante universelle pérenne et isolée.
    L’étude comparative des systèmes de parenté indique au contraire que la fonction paternelle est étayée dans les sociétés patrilinéaires par les croyances religieuses et par les croyances magiques dans les sociétés matrilinéaires. Que la fonction paternelle soit associée à la religion n’est pas nouveau. Dieu n’est-il pas père dans le judéo-christianisme mais aussi dans le culte des ancêtres africains ? En revanche, que cette fonction puisse être liée à la magie, voilà qui est surprenant.
    Fonctions paternelles et croyances partagent une structure commune clivée, dénotant, selon le cas, le monde social ou son au-delà. Les données ethnographiques recueillies chez les Bamilékés du Cameroun et chez les Trobriandais de Papouasie Nouvelle-Guinée montrent que, d’une société patrilinéaire à une société matrilinéaire, les modalités du clivage de la fonction paternelle s’inversent, entraînant, chacune de leur côté, des rapports sociologiques et idéologiques spécifiques, religieux ou magique. Contrairement à une opinion assez répandue, les sociétés dites traditionnelles ne reposent pas seulement sur des croyances, mais aussi sur une incroyance étayée par les « relations à plaisanterie » internes aux systèmes d’alliance matrimoniale. L’incroyance n’est pas, ici, athéisme ou absence de foi, mais rire démystificateur qui, ne devant plus rien à un au-delà, pacifie les conflits et sécularise l’ordre établi.
    Ainsi, est-ce sur l’alliance matrimoniale (qui, par le biais de l’incroyance, met en question la paternité), et non sur les problèmes œdipiens induits pas les systèmes de filiation, que l’anthropologie sociale et la psychanalyse peuvent heuristiquement se recouper.
  • L'atelier intérieur du musicienMax Graf
    En 1910, après dix années de travail avec Freud et la Société du mercredi, Max Graf propose une théorie de la création musicale qui fait une large place au corps et à la sexualité. Le silence qui l'accueillit alors annonce-t-il l'embarras dans lequel la psychanalyse s'est sans cesse trouvée, depuis, par rapport à la musique ?
  • Politiquement fou : James Tilly MatthewsJohn Haslam, Roy Porter, David Williams, Hélène Allouch, Lucien Favard
    1810 : publiée en Angleterre, cette toute première monographie clinique approfondie répond à une investigation administrative concernant les (mauvais ?) traitements ayant cours dans les maisons de fous de l’époque. Le psychiatre, John Haslam, se fait l’avocat de la défense de l’institution ; le patient, J. Tilly Matthews, est une cause célèbre soulevant des controverses diagnostiques. À l’appui de ses convictions, Haslam décrit avec précision la folie de Matthews, la bande de ses persécuteurs et leur diabolique machine à tisser les flux, la conspiration machiavélique qui règne dans les souterrains de Londres. Au fur et à mesure de la lecture, l’univers « imaginaire» de Matthews apparaît être l’écho des réalités de son temps et de sa propre histoire.
  • Louis II de Bavière selon Ernst Wagner - paranoïaque dramaturgeAnne-Marie Vindras
    Pour avoir tué sa femme et leurs quatre enfants, massacré neuf habitants du village souabe de Mühlhausen, Ernst Wagner reste le plus célèbre des paranoïaques allemands, tant auprès d’une population horrifiée par les crimes de « Monsieur l’instituteur » que pour la communauté psychiatrique qui en fit un cas paradigmatique, comme tel pris en compte par Lacan. L’ouvrage propose deux présentations cliniques inédites en français de Robert Gaupp, psychiatre entiché du cas, ainsi que Délire, pièce en trois actes écrite par Wagner, qui met en scène la folie de Louis II de Bavière et les rapports du roi avec son psychiatre jusqu’à leur aboutissement dans une mort commune.
  • Ernst Wagner, Robert Gaupp, un monstre et son psychiatreThierry Longé, Claude Béal, Anne-Marie Vindras, Anne-Marie Vindras
    Les drames que nous a laissés Ernst Wagner permettent de faire une lecture nouvelle de ses actes de bestialité (Sodomietaten), ceux-là mêmes qui ont déclenché son délire de persécution. Pendant douze ans il supporta ce délire sans mot dire ; il finit pourtant par tuer sa femme et ses quatre enfants, leur épargnant ainsi d'avoir un mari et père criminel, et neuf personnes dans le village de Mühlhausen qui, selon lui, murmuraient sur son passage, à propos de sa bestialité.
  • "Je l'ai tué, dit-elle, c'est mon père"Raquel Capurro, Diego Nin, Françoise Ben Kemoun, Jean Allouch
    12 illustrations
  • Camille Claudel, l'ironique sacrificeDanièle Arnoux
    L’œuvre de Camille Claudel cesse au moment de son délire. Quelle est donc l’articulation entre sa création et sa « folie, absence d’œuvre » (M. Foucault) ? En étudiant les dernières grandes sculptures, L’âge mûr, œuvre de la rupture avec Rodin, Clotho, cri d’un deuil, Persée et la Gorgone, défaut de la protection, on voit la persécution porter sur l’appropriation de l’œuvre. Répondant à une demande de sacrifice, Paul Claudel écrit la Trilogie ; chez Camille, la folie prend l’œuvre comme objet d’un ironique sacrifice.
  • Thesaurus Lacan, volume I - Citations d’auteurs et de publications dans l’ensemble de l’œuvre écriteDenis Lecuru
    Ce volume a élu pour corpus de référence l’ensemble de l’œuvre écrite de Jacques Lacan. Indispensable pour tout lecteur de cette œuvre.
  • Le transfert dans tous ses errata - suivi de Pour une transcription critique des séminaires de Jacques LacanCollectif elp
    La première partie de cet ouvrage collectif recueille, sous forme d’errata, le résultat d’un peignage de la version publiée par les Éditions du Seuil du séminaire de Lacan de 1960-1961. Nombre d’errata ont valeur de mots d’esprit et circulent d’ailleurs comme tels. La deuxième partie présente les actes du colloque tenu à Paris les 15 & 16 juin 1991 : Pour une transcription critique des séminaires de Jacques Lacan.
  • Index des noms propres et des titres d'ouvrages dans l'ensemble des séminaires de J. LacanGuy Le Gaufey
    Tout lecteur des séminaires de Lacan s’est pris plus d’une fois à rêver d’un index qui lui permettrait de trouver dans ces milliers de pages les références à tel auteur ou à tel ouvrage. L’index ici proposé parcourt l’ensemble des séminaires de 1953 à 1980.
  • De l’hermétisme de Lacan : figures de sa transmissionJorge Baños Orellana, Annick Allaigre
    Un hispanophone le premier affronte explicitement le problème posé par l’hermétisme de Lacan, le « Góngora de la psychanalyse ». Au travers d’anecdotes savoureuses et de réactions cocasses à l’enseignement de Lacan, ce livre présente la description raisonnée des quatre figures majeures qui, selon Baños, caractérisent la transmission lacanienne : une réécriture kitsch produisant un Lacan à portée de tous, un jargon s’attachant à mimer le style de Lacan, une glose s’employant à la résolution des énigmes et une réaction académique néo-classique.
    La conjugaison de ces quatre voies parvient-elle à transformer le frayage de Lacan en une « science normale », au sens où l’entend Thomas Kuhn ?
  • L'Incomplétude du symbolique - de René Descartes à Jacques LacanGuy Le Gaufey
    Le projet cartésien d’une langue pour la science d’où toute équivoque serait chassée a débouché sur une découverte de taille : il manquera toujours à un tel système symbolique la capacité de prouver qu’il ne recèle aucune contradiction potentielle. En étudiant le questionnement du symbolique inauguré par Freud, Lacan devait déboucher sur une série d’énoncés négatifs (il n’y a pas de métalangage, il n’y a pas de rapport sexuel), signe d’une incomplétude du symbolique reconnue comme décisive dans le procès subjectivant. Comment situer l’événement de cette étrange convergence entre étude formaliste et psychanalytique ?

    Ouvrage pour l'instant épuisé en format papier. Disponible sous format électronique chez Eden Livres ou chez votre revendeur habituel au prix de 9,49 €.

  • Les écrits de BudapestSándor Ferenczi, Wladimir Granoff, Claude Lorin, Györgi Kurcz, Claude Lorin
    « C’est de l’or pur », disait Freud à propos des écrits de jeunesse de Sándor Ferenczi. Ces textes, parus en hongrois de 1899 à 1907, se déploient sur une étonnante variété de registres : médical, philosophique, neuro-psychiatrique, éthique. Oui, décidement, Ferenczi existait avant sa rencontre avec Freud. Wladimir Granoff montre à quel point il est légitime et salutaire que l’on revienne au début d’une affaire qui se consomme dans une dérive, à savoir le destin même de Ferenczi.
  • Ni pleurs ni couronnes - précédé de Pornographie de la mortGeoffrey Gorer, Anne-Marie Vindras, Hélène Allouch
    L’historien et sociologue anglais Geoffrey Gorer fut le premier à prendre acte de ce que, depuis la Première Guerre mondiale, un radical changement avait eu lieu, en Occident, dans le rapport à la mort. Comme l’avait été la sexualité, la mort est désormais rejetée, et le deuil, en perdant son statut social de rite, est devenu indécent. Gorer s’entretient d’une manière approfondie avec un nombre important de récents endeuillés ; il les visite, nous dit son impression, transcrit leurs paroles. Il discute les théories psychanalytiques du deuil.
  • Freud, Wallon, Lacan - L'enfant au miroirEmile Jalley
    Que Lacan ait critiqué la dérive psychologique de la psychanalyse ne l’a pas empêché de tirer au préalable le meilleur parti de ce que lui offrait de plus consistant la psychologie française, en l’occurrence l’œuvre de Wallon. Henri Wallon a occupé une position de relais entre Lacan d’une part, Freud et Hegel d’autre part. Chacun avec son accent personnel, Lacan comme Wallon, a lu Freud avec Hegel. Le stade du miroir est maintenant lié au nom de Jacques Lacan. Or, montre Jalley, en reconnaissant que l’expérience du miroir a une fonction de connaissance, il n’innove pas mais s’inscrit dans l’histoire de la pensée occidentale.

    Réédition au format électronique disponible chez Epagine ou chez votre revendeur habituel au prix de 15,99 €.

  • Essai sur la discordance dans la psychiatrie contemporaine - suivi de Quelques mots sur la psychologie de la mathématique pureGeorges Lanteri-Laura, Martine Gros, Philippe Chaslin
    La discordance, telle qu’elle apparaît pour la première fois en 1912 dans l’œuvre de Chaslin, puis telle qu’elle évolue dans les développements ultérieurs de la psychiatrie française et internationale relève-t-elle seulement d’un empirisme clinique ou s’agit-il plutôt d’un concept d’ordre psychopathologique ? L’étude de G. Lanteri-Laura et M. Gros se présente comme étant indissociablement un texte d’histoire et d’épistémologie de la psychiatrie, de psychopathologie théorique, et de clinique.
  • La folie héréditaire - ou comment la psychiatrie française s'est constituée en un corps de savoir et de pouvoir dans la seconde moitié du xixe siècleIan Dowbiggin, Guy Le Gaufey, Georges Lanteri-Laura, Xavier Leconte
    Historien anglais, Ian Dowbiggin montre comment la psychiatrie française s'est constituée en un corps professionnel dans sa lutte contre l'Église et la presse, non sans compromissions avec le pouvoir sous le second Empire ; il montre aussi comment la théorie de la dégénérescence et la thèse de la folie héréditaire permirent à ces médecins mal aimés de s'inscrire dans une sorte de rationalité scientifique. Cet ouvrage est l'un des premiers à prendre un appui constant sur les textes publiés dans les Annales médico-psychologiques depuis leur création.
  • L'éviction de l'origineGuy Le Gaufey
    Ce livre entreprend de replacer Freud dans l'épistémé classique en montrant qu'au moment de penser la nature du lien, Freud en est venu à épouser la position adoptée sur ce point par Newton : tous deux prennent appui sur la même figure logique d'une origine d'où procède le lien.
    Tout au contraire, avec l'entrée en scène de la relativité générale d'Einstein, un nouvel espace de pensée s'est ouvert, et c'est dans cette brèche que Lacan a pu mettre en place un père qui soit autre chose que le lointain reflet d'un père originaire. Le lien se pense désormais sans souci d'une origine.
  • Le lasso spéculaire - Une étude traversière de l’unité imaginaireGuy Le Gaufey
    Avec le « stade du miroir », Lacan conjoint narcissisme freudien et image spéculaire. Mais seule la reprise de cette invention dans les dimensions nouvelles de l’imaginaire, du symbolique et du réel devait rendre visibles les conséquences d’une telle croisée des chemins. Pour mieux les lire, on étudie ici la grande crise iconoclaste byzantine du viiie siècle. Un statut sans égal de l’image surgit alors, dans un monde encore étranger au concept de représentation. Avec son concept d’image spéculaire, Lacan aura-t-il réussi à installer une image qui ne soit pas une représentation. Qu’est-ce donc que regarder ?
  • Anatomie de la troisième personneGuy Le Gaufey
    « L’analyste ne s’autorise que de lui-même », cette formule fut reçue comme un verdict de Lacan sur la délicate question de la formation du psychanalyste. Scandale et incompréhension garantis. Pourtant, dans l’écart grammatical discret entre « analyste » et « lui-même », gît la source du transfert ainsi relié, par la vertu de l’« autorisation », à la détermination centrale de la personne fictive chez Hobbes.
    D’où l’idée d’aller enquêter sur la troisième personne, aussi bien au niveau de la constitution de l’État moderne que dans l’« irréductible ambiguïté » (Lacan dixit) du transfert.
    Psychanalyste et pouvoir d’État développent des stratégies incompatibles qui les rendent sourds l’un à l’autre. Pourquoi ?
  • Se compter trois – Le temps logique de LacanÉrik Porge
    L’auteur suit pas à pas la problématique des deux versions (1945 et 1966) de l’étude « Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée » que Lacan appelle « mon petit sophisme personnel », ainsi que ses nombreuses reprises chez Lacan. Un sujet peut-il se compter sans erreur ?
  • Le crâne qui parleCharles-Henry Pradelles de Latour
    Première monographie consacrée à une chefferie bamilékée, ce livre présente en leur singularité les mœurs et coutumes de cette société, son système de parenté, ses mythes, son culte des ancêtres, les croyances en la sorcellerie, l’art du devin, les thérapies des guérisseurs, les fonctions du chef et des notables.
    Cette société « orale » n’est pas seulement régie par les normes et les idéaux du groupe mais aussi par des lois de la parole (plaisanteries, accusations, serments) qui sont ancrées dans un jeu de trois dettes, imaginaire, symbolique et réelle.
    Par là se rejoignent ethnologie et psychanalyse et se questionnent les structures élémentaires de la parenté telles que Levi-Strauss les présentait.
  • Vie, poésie et folie de Friedrich Hölderlin - suivi de Un psychiatre amateur en 1830 : Wilhelm WaiblingerWilhelm Waiblinger, Catherine Daric, Catherine Daric, Pierre Moreau
    Hölderlin intéressa un jeune poète allemand, Wilhelm Waiblinger À vingt-six ans, Waiblinger écrivit une biographie qui repose sur un travail minutieux d’observation d’une pathologie mentale inconnue, quatre-vingts ans avant Bleuler : la schizophrénie. Ce texte est d’un profane, à une époque où les schizophrènes étaient encore considérés comme des « idiots ». Il montre ce qu’a été le premier « placement familial » : celui d’Hölderlin hébergé chez le menuisier Zimmer où il restera jusqu’à sa mort.
  • L’irrésistible ascension du pervers - entre littérature et psychiatrieVernon A. Rosario, Guy Le Gaufey
    Le «pervers» est une invention récente. Seule la psychiatrie du XIXe siècle parvint à en faire un personnage nouveau. Elle le put grâce à l’inverti : «âme féminine dans un corps d’homme». Les médecins (Charcot, Magnan, Morel, Sérieux…) écrivent leurs récits de cas comme des romanciers.
  • Cent ans d’homosexualité - et autres essais sur l’amour grecDavid Halperin, Isabelle Châtelet
    « Homosexualité », « hétérosexualité » sont des inventions récentes qui échouent à rendre compte de la vie érotique des Grecs anciens. Prenant la suite de Foucault, David Halperin se demande comment la constitution des sujets sexuels était liée aux formes sociales du pouvoir et du savoir. Il prouve que les discours des Grecs sur l’erôs et l’expérience qu’ils en ont transforment les idées que nous nous faisons sur le sexe et sur notre propre culture.
  • Saint FoucaultDavid Halperin, Didier Eribon
    La pensée de Foucault, marquée par une inébranlable volonté de résister aux normes, peut servir de modèle théorique au mouvement gay. Loin de vouloir construire une « identité gay », il s’agit plutôt d’inventer de nouvelles positions à l’écart de la normalité et de l’hétéronormativité. La vision foucaldienne radicale de l’homosexualité en tant qu’occasion historique de rouvrir des virtualités relationnelles et affectives anticipe la paradoxale politique queer : une identité sexuelle qui s’effectue comme un décalage par rapport à toute visée identificatrice. Halperin propose le premier compte rendu synthétique de la pensée de Foucault concernant la sexualité gay et l’avenir du mouvement lesbien et gay, en même temps qu’un résumé des plus récents travaux de la queer théorie.
  • L'invention de l'hétérosexualitéJonathan Ned Katz, Michel Oliva, Éliane Sokol, Catherine Thévenet
    Le terme hétérosexuel n’a investi notre vocabulaire qu’il y a à peine plus de cent ans, instaurant une nouvelle façon de diviser et de juger la société et ses membres. Sa surprenante histoire manifeste que ce n’est qu’à travers un long processus que l’hétérosexualité est devenue la norme dominante. Analysant les pionniers des études sur la sexualité, tels Sigmund Freud ou Richard von Krafft Ebing, lisant les auteurs contemporains comme James Baldwin, Betty Friedan, Adrienne Rich, Kate Millett et Michel Foucault, Katz démontre que nos conceptions de la sexualité dérivent non d’une nature immuable mais de différentes modalités historiques d’organisation des sexes et des plaisirs.
  • La performance sadomasochiste - Entre corps et chairLynda Hart, Annie Guillon-Lévy
    Cet ouvrage offre davantage qu’une histoire du S/M lesbien des années 1980/1990. L. Hart piste les idéologies qui ont amené le lesbianisme à s’intégrer dans une pensée romantique qui nie le corps et situe la lesbienne comme une figure idéale du féminisme et, du même coup, a-sexuée. Excellente introduction aux gay and lesbian studies, sa recherche historique rigoureuse et documentée provoque le lecteur à une remise en question de notions jugées aussi essentielles que celles de désir ou de perversion. L’examen des théories du sadomasochisme, et l’interprétation de la performativité du S/M en rapport avec le concept lacanien de réel, dessinent, entre corps et chair, une figure nouvelle de l’impossible. L’analyse fouillée du masochisme apporte une contribution importante à la réévaluation de ce concept.
  • 789 néologismes de Jacques Lacan - octobre 2001Marcel Bénabou, Dominique de Liège, Laurent Cornaz, Yan Pélissier
    Travail réalisé par un collectif de l'école lacanienne de psychanalyse, conçu et mis en page par Marcel Bénabou, Laurent Cornaz, Dominique de Liège et Yan Pélissier
  • Littoral 1 : Blasons de la phobie - juin 1981Pierre Thèves, Érik Porge, Guy Le Gaufey, Nicole Kress-Rosen, Philippe Julien, Jean Allouch, Jean Hébrard, Mayette Viltard
    Épuisé La visite, C. Misrahi, P. Thèves • Du déplacement au symptôme phobique, E. Porge • Le lieu-dit, G. Le Gaufey • Difficultés des théories de l’angoisse chez Freud, N. Kress-Rosen • Le pas-de-barre phobique, J. Allouch • La vérité parle, le savoir écrit, P. Julien • A propos de deux portraits de saint Jérôme lisant, J. Hébrard • Une présentation de la coupure : le nœud borroméen généralisé, M. Viltard • Traduction : La lettre 52 de S. Freud à W. Fließ.
  • Littoral 2 : La main du rêve - octobre 1981Lynda Hart, Pascal Vernus, Mayette Viltard, Moustafa Safouan, Danièle Arnoux, Fabienne Biégelman-Baroux, Philippe Julien, Diane Chauvelot, Dominique-Gilbert Laporte, Ludwig Börne
    Peindre les sons et parler aux yeux, S. Hart • Jeux d’écriture dans la civilisation pharaonique, P. Vernus • Le trait de la lettre dans les figures du rêve, M. Viltard • Les procédés de figuration du rêve, M. Safouan • Un concept de Freud : Die Rücksicht auf Darstellbarkeit, D. Arnoux • Quand... «la plupart des rêves vont plus vite que l’analyse», F. Biégelmann-Barroux • La vérité parle, le savoir écrit II, P. Julien • Le regard suspendu, D. Chauvelot • L’invention de la lettre, D.-G. Laporte • Freud avec Börne, J. Fourton • Traductions : Quelques suppléments à l’ensemble de l’interprétation des rêves, S. Freud • Note sur la préhistoire de la technique psychanalytique, S. Freud • L’art de devenir un écrivain original en trois jours, L. Börne.
  • Littoral 5 : Abords topologiques - juin 1982Jean-Claude Terrasson, Érik Porge, Pierre Soury, Mayette Viltard, Jean Allouch, Charles-Henry Pradelles de Latour, Françoise Wilder, Jean Bourdiau, Jacquelyne Poulain-Colombier, Guy Le Gaufey
    Une écriture de contours, J.-C. Terrasson • Note sur la Trinité, P. Julien • De l’écriture nodale, E. Porge • Séances mathématiques, P. Soury • Lire autrement que quiconque, M. Viltard • Du discord paranoïaque II, J. Allouch • L’écriture de l’araignée divinatrice, C.-H. Pradelles de Latour • Comment j’ai lu certains de mes livres, F. Wilder • La structure comme lieu de forçage symbolique, J. Bourdiau • Un nom propre pour la psychanalyse, J. Poulain-Colombier • G. Ifrah : « Histoire universelle des chiffres », L. Bazin • P.-L. Assoun : « Introduction à l’épistémologie freudienne », G. Le Gaufey.
  • Littoral 6 : Intension et extension de la psychanalyse - octobre 1982Jean Allouch, Jean-Pierre Dreyfuss, Pierre Soury, Raphaël Brossart, Thierry Marchaisse
    Kant avec Sade ?, T. Marchaisse • Du discord paranoïaque III, J. Allouch • Remarques sur Das Ding dans l’« Esquisse », J.-P. Dreyfuss • Séances mathématiques II, P. Soury • J.-M. Olivier : « Lautréamont le texte du vampire », R. Brossart • G. Didi Huberman : « L’invention de l’hystérie ».
  • Littoral 7/8 : L’instance de la lettre - février 1983Jean Allouch, Pascal Vernus, Philippe Julien, Stoïam Stoïanoff, Jacquelyne Poulain-Colombier, Sylvie Sésé-Léger, Albert Fontaine, Baldine Saint Girons, Charles-Henry Pradelles de Latour, Alain Pons, Barbara Cassin, Érik Porge, Françoise Wilder, Guy Le Gaufey, Anne-Marie Christin, Jean Bourdiau
    La « conjecture de Lacan » sur l’origine de l’écriture, J. Allouch • Écriture du rêve et écriture hiéroglyphique, P. Vernus • Le nom propre et la lettre, P. Julien • D’une syntaxe sociale, S. Stoïanoff • Effet de surprise et ponctuation, J. Poulain-Colombier • Freud et la ville éternelle, S. Sésé-Léger • Le nom brille, M. Guibal • ... auteur non identifié, A. Fontaine • Les écritures volantes, B. Saint Girons • Divination et persécution à Bangoua, C.-H. Pradelles de Latour • Écriture et divination chez Vico, A. Pons • Littéralement et dans tous les sens, B. Cassin • Une phobie de la lettre : la dyslexie comme symptôme, E. Porge • La vis de la lettre, F. Wilder • Un trou de mémoire, G. Le Gaufey • Le sujet de l’écriture ou le partenaire silencieux, A.-M. Christin • Bien écrire, M. Viltard • La lettre interdite, J. Bourdiau.
  • Littoral 9 : La discursivité - juin 1983Michel Foucault, Jean Allouch, Alain de Libera, Frédéric Nef, Guy Le Gaufey, Philippe Julien, André Comte-Sponville, Albert Fontaine
    Qu’est-ce qu’un auteur ? M. Foucault • Les trois petits points du « retour à... », J. Allouch • Le discours mystique. Histoire et méthode, A. de Libera, F. Nef • La feinte mystique, G. Le Gaufey • Y a-t-il un discours de la mystique ? P. Julien • Exorbitantes sœurs Papin, Dossier • Spinoza contre les herméneutes, A. Comte-Sponville • Les silences de la lettre, A. Fontaine.
  • Littoral 10 : La sensure - octobre 1983Sigmund Freud, Sigmund Freud, Érik Porge, Claude Hubert Drouot, Christine Poletto, Guy Le Gaufey, Jean-Yves Pouilloux, Martine Loeb, Jean Macé, Anne-Marie Ringenbach
    La censure du rêve, S. Freud • L’E.S., E. Porge • Un nom dans la kabbale, C.-H. Drouot • Du Matamore au Cid : schéma d’une crise de l’autorité, C. Poletto • La cible du transfert, G. Le Gaufey • Visite à Fossier, J.-Y. Pouilloux • Poursuite et statue, M. Loeb • La moitié de Poulet, J. Macé • Le tore et la mise en jeu de la dissymétrie, A.-M. Ringenbach.
  • Littoral 11/12 : Du père - février 1984Joseph Moingt, Marie-Magdeleine Chatel, Guy Le Gaufey, Jean-Jacques Moscovitz, Charles-Henry Pradelles de Latour, Marie-Lorraine Pradelles de Latour, Irène Diamantis, José Attal, Jean Allouch, Jacques Bril, Christiane Dorner, Philippe Julien, Bernard Casanova, Jean-Pierre Dreyfuss, Anne-Marie Christin, Pascale Hassoun, Érik Porge, Didier David, Jean-Jacques Rassial, Baldine Saint Girons, Alain Didier-Weill, Christian Simatos, Didier Comphout, Jean Fourton
    Religion et paternité, J. Moingt • Y a-t-il un irréductible du sinthome ?, M.-M. Chatel • Père, ne vois-tu donc pas que tu brûles ?, G. Le Gaufey • Du père incorporé au sinthome, J.-J. Moscovitz • Double filiation et identités, M.-L. Pradelles de Latour • Pas l’Un sans l’Autre, ou : la jouissance qu’il ne fallait pas, I. Diamantis • A propos d’adoption, J. Attal • L’amour de Fromm, M.-F. Sosa • Une femme a dû le taire, J. Allouch • Ainsi, issit le père, J. Bril • La parenté trobriandaise reconsidérée, C.-H. Pradelles de Latour • D’où nous revient la théorie psychanalytique ? Du père ? C. Dorner • L’amour du père chez Freud, P. Julien • D’un qui dit que non, B. Casanova • Un cas de mélancolie, J.-P Dreyfuss • Version du père et publication, C. Toutin • L’autre et le lieu, A.-M. Christin • Transcrire sa père-version : Bruno Schulz, P. Hassoun • Comme est dit du père, E. Porge • Imaginaire de la procréation et insémination artificielle, D. David • Les mécomptes du Père Noël ou le complexe d’Enoch, J.-J. Rassial • Remarques concernant le langage dans les perversions, D. Cromphout • « Jean-Jacques, aime ton pays », B. Saint Girons • L’artiste peintre et la question du père, J. Fourton • Père dans le réel – père symbolique – père réel, A. Didier-Weill • Mémoire(s), C. Simatos.
  • Littoral 13 : Traduction de Freud, transcription de Lacan - juin 1984Sigmund Freud, Éric Legroux, Mayette Viltard, Christine Toutin, Michel Cresta, Marcelo Pasternac, Danièle Arnoux, Danièle Cerf-Bruneval, Danielle Hébrard, Jean Allouch, Gérôme Taillandier
    Über der Gegensinn der Urvorte. Sur le sens antinomique des mots primitifs, S. Freud • À propos du Gegensinn, E. Legroux • Marie Bonaparte, une femme entre trois langues, M. Viltard • À travers les langues, C. Toutin • Au-dessus des fragments d’un langage plus grand, M. Cresta. • L’édition des Écrits en espagnol, M. Pasternac • Sur la transcription, D. Arnoux • La place du lecteur, D. Cerf-Bruneval • Transcription et ponctuation, D. Hébrard • Lacan censuré, J. Allouch • Quelques problèmes de l’établissement des séminaires de J. Lacan, G. Taillandier • Fabrique du cas I Fabrique du cas II Récréations topologiques, D. Arnoux.
  • Littoral 14 : Freud Lacan : quelle articulation ? - novembre 1984 (réimpression 1992)Jean Allouch, Danielle Lévy, Guy Le Gaufey, Jean-Louis Sous, Jean-Yves Pouilloux, Françoise Davoine, Steven Barr, Anne-Marie Ringenbach
    Freud déplacé, J. Allouch • Lacan, Freud une rencontre manquée, P. Julien • L’étrange altérité de l’expérience, D. Lévy • Représentation freudienne et signifiant lacanien, G. Le Gaufey • M. Duras ou le ravissement du réel, J.-L. Sous • De l’amitié, A. Mizubayashi • Premiers pas, J.-Y. Pouilloux • Amae sans complexe, F. Davoine • Le plan projectif, S. Barr • La dissymétrie, le spéculaire et l’objet (a), A.-M. Ringenbach.
  • Littoral 17 : Action du public dans la psychanalyse - septembre 1985Mayette Viltard, Alain Didier-Weill, Anne Porge, Jacquelyne Poulain-Colombier, Philippe Julien, Jacques Félician, Christian Simatos, Érik Porge, Jean Allouch, Gérôme Taillandier, Jean-Pierre Georgin
    Les publics de Freud, M. Viltard • L’apparence et l’apparition, A. Didier-Weill • La présentation de malades, E. Porge • Après la dernière séance, J. Poulain-Colombier • L’institution de la psychanalyse en sa publicité, P. Julien • Sur le temps logique et ses incidences techniques, J. Félician • Encombré du Beau, C. Simatos • La grande surprise de Psyché, A. Porge • Dialoguer avec Lacan, J. Allouch • Note complémentaire à l’établissement du séminaire de Jacques Lacan, G. Taillandier • Du plan projectif au cross-cap, J.-P. Georgin.
  • Littoral 19/20 : Quand l’inconscient se fait savoir - avril 1986Laurence Bataille, Érik Porge, Hélène Picot, Jean Allouch, Christian Simatos, Georges Zimra, Irène Diamantis, Charles-Henry Pradelles de Latour, Paul Alérini, Alain Didier-Weill, Jean-Paul Abribat, Serge Hajblum, Françoise Wilder, Marie-Magdeleine Chatel, Guy Le Gaufey, Danièle Arnoux, Pascal Padovani, Charles Bouazis
    Réminiscences sans rappel, L. Bataille • L’imbroglio de la faute, E. Porge • Le savoir occulte, H. Picot • Freud ou quand l’inconscient s’affole, J. Allouch • En passe de savoir, C. Simatos • Une mémoire sans histoire, G. Zimra • Au commencement était l’hypnose : certitude et objection, I. Diamantis • La sorcellerie et le savoir, C.-H. Pradelles de Latour • Savoir clinique et clinique du savoir, P. Alerini • Il sait que (je sais qu’(il sait que (je sais))), A. Didier-Weill • Descartes déplacé : entre savoir et vérité : le sujet..., J.-P. Abribat • – ( ), S. Hajlblum • « Celui qui se gouverne soi-même est gouverné par un grand sot », F. Wilder • Le savoir, il s’invente, M.-M. Chatel • Qui sait ?, G. Le Caufey • La parole envolée de Jacques Lacan, D. Arnoux • De la chose, P. Padovani • The grounds are excellent, J. Allouch • Le contenu fatal, C. Bouazis.
  • Quid pro quo n°1Laurent Cornaz, Jean-Christophe Weber, Pierre-Henri Castel, Marie-Hélène Devoisin / , Marie-Claude Thomas, George-Henri Melenotte, Guy Casadamont, Guy Le Gaufey, Françoise Dezoncle
  • Lettres d'un inverti allemand au Dr. LacassagnePhilippe Artières, Georges Apitzsch
  • Littoral 23/24 : La déclaration de sexe - octobre 1987Jean Allouch, Philippe Julien, Rodrigo Toscano, Guy Le Gaufey, Albert Fontaine, Michel Grangeon, Raphaël Brossart, Gérôme Taillandier, Anne-Marie Ringenbach
    Un sexe ou l’autre, J. Allouch • Entre l’homme et la femme il y a l’a-mur, P. Julien • De l’albur, R. Toscano • Brefs aperçus sur l’hypothèse de la bisexualité chez Freud, G. Le Gaufey • Masculin et féminin, W. Fließ • Pour une lecture de Louis Wolfson, A. Fontaine • Crux Logicorum, M. Grangeon • La prise « en passant » de La lettre volée, R. Brossart • Chronique du séminaire de J. Lacan (V), G. Taillandier • Sur la compatibilité de la bande de Mœbius et du tore, A.-M. Ringenbach • L’art de l’enveloppement au Japon.
  • Littoral 25 : Il court il court, le sujet - avril 1988Jean-Marie Beyssade, Bernard Casanova, Philippe Julien, Érik Porge, Michel Cresta, Marie-Claire Boons, Guy Le Gaufey, Jean-Paul Abribat, Mayette Viltard, Keramat Movallali
    Une journée dans la quête du sujet cartésien, J.-M. Beyssade • Mais quoi, ce sont des fous, B. Casanova • Pinel, Esquirol, Freud, Lacan, P. Julien • Une forme du sujet : la subjectivation. D’après Le temps logique, E. Porge • Penser/Classer : le sujet, M. Cresta • Du littoral au littéral, M.-C. Boons • Pli et repli, G. Le Gaufey • La drôlerie du réel, J.-P. Abribat • De la souplesse des revenants-en-corps, M. Viltard • Questionner la dénégation, K. Movallali.
  • Littoral 26 : Clinique du psychanalyste - novembre 1988Érik Porge, Christiane Dorner, George-Henri Melenotte, Jean Allouch, Antonia Soulez, Gérôme Taillandier, Anne-Marie Ringenbach, Mayette Viltard, Albert Fontaine, Jean-Paul Abribat
    L’analyste dans l’histoire et dans la structure du sujet comme Vélasquez dans Les Ménines, E. Porge • De et en quoi Marguerite Yourcenar fait-elle cas ?, C. Dorner • Y a-t-il une clinique du singulier ?, G.-H. Melenotte • Perturbation dans pernépsy, J. Allouch • De l’efficience de l’acte : causalité mentale ou loterie, A. Soulez • Chronique du séminaire de J. Lacan (VI), G. Taillandier • Changer de point de vue, A.-M. Ringenbach, M. Viltard • La psychologie du moi et les psychoses : Paul Federn, A. Fontaine • Nouveaux fondements pour la psychanalyse : J. Laplanche, J.-P. Abribat.
  • Littoral 27/28 : Exercices du désir - n° 27/28 avril 1989Mayette Viltard, Jackie Pigeaud, Philippe Julien, Georges Lanteri-Laura, Jean Allouch, François Courel, Christine Toutin, Charles-Henry Pradelles de Latour, Georges Zimra, Danièle Arnoux, Louis de La Robertie, Marcelo Pasternac, Louis Bolk, Jean-Paul Abribat, Moustafa Safouan, Jean Audard
    L’exercice de La chose freudienne, M. Viltard • A propos de l’histoire médicale des passions, J. Pigeaud • Cicéron, Kant, Freud : trois réponses à la folie des passions, P. Julien • Le traitement moral de la folie et ses avatars, G. Lanteri-Laura • Sur la toute toute première bascule doctrinale de Jacques Lacan, J. Allouch • Se disposer à choisir selon le désir, F. Courel • « Soi-même » dans le narcissisme et la mélancolie, C. Toutin-Thélier • Le regard conjuré, C.-H. Pradelles de Latour • Des passions à responsabilité limitée..., G. Zimra • Historique du cas de Marguerite, J. Allouch, D. Arnoux • Le corps, textes de Jacques Lacan, L. de la Robertie • Lacan « corrigé et augmenté »... en espagnol, M. Pasternac • La genèse de l’homme, L. Bolk • Jacques Lacan : un étudiant curieux, P. Verret • Du caractère matérialiste de la psychanalyse, J. Audard • Du jardin d’Épicure aux « Jardiniers de la folie », J.-P. Abribat • La formation des psychanalystes selon A. Green, M. Safouan.
  • Littoral 29 : L’assentiment à la psychanalyse - novembre 1989Paul-Laurent Assoun, Jean Allouch, Danièle Arnoux, Philippe Julien, Alain Badiou, Guy Le Gaufey, Albert Fontaine, Jean-Pierre Georgin
    Sujet inconscient et sujet de l’assentiment, P.-L. Assoun • Le rêve à l’épreuve du griffonnage, J. Allouch • Comme quelqu’un qui dit : non, D. Arnoux • Refus et assentiments en psychanalyse, P. Julien • Philosophie et psychanalyse, A. Badiou • Être le premier venu, G. Le Gaufey • Freud et Tausk, A. Fontaine • Au-dessus de l’horizon il n’y a pas le ciel, J.-P. Georgin et E. Porge.
  • La mort de soiLeo Bersani, Mathieu Potte-Bonneville, Jean Allouch
  • Revue du Littoral 31/32 : La connaissance paranoïaque - avril 1991Claude Zissmann, Jean Allouch, Érik Porge, Sophie Aouillé, Raphaël Brossart, Jean-Paul Abribat, Guy Le Gaufey, Odile Millot, Paola Mieli
    La langue du voyant, C. Zissmann • Interprétation et illumination, J. Allouch • Freud, Fließ et sa belle paranoïa, E. Porge • L’union sacrée de la droite et de la gauche, S. Aouillé • Ducasse, Duchamp, Dali..., R. Brossart • Hérésies, L. Favard • Du bon usage des antécédents…, J.-P. Abribat • De la frérocité du pacte, G. Le Gaufey • SIGmund et Julius Freud, 0. Millot • See-saw, P. Mieli • Marguerite, ou l’Aimée de Lacan, J. Allouch, M. Viltard, M. Ayme, J. Oury, T. Trémine • Six lettres inédites de K. Abraham à W. Fließ, E. Porge.
  • Revue du Littoral 33 : Lettres silencieuses - novembre 1991Philippe Krejbich, Marie-Claire Boons, Françoise Jandrot, Dominique de Liège, Jean Paira-Pemberton, George-Henri Melenotte, Moustafa Safouan
    Un graphème indécryptable de Georges Perec, G.-H. Melenotte • Beckett : une tache sur le silence, D. de Liège • Une théologie de l’histoire inversée chez Maurice Blanchot, E. Krejbich • Qui est l’auteur de «Corrections» de Thomas Bernhard ?, F. Jandrot-Louka • Transmission orale, consigne écrite, J. Paira-Pemberton • Femmes et sciences : un dialogue, M.-C. Boons-Grafé • Sexe, famille et loi, M. Safouan • L’œil du silence, Maria Tasinato, J. Allouch. • Ethnopsychanalyse en pays bamiléké, Charles-Henry Pradelles de Latour, M. Abélès • La vocation de l’écrivain, Catherine Millot, R. Brossart • Aimée par Joë Bousquet, D. Arnoux.
  • Revue du Littoral 34/35 : La part du secrétaire - avril 1992Mireille Blanc-Sanchez, Jean Allouch, Thierry Trémine, Georges Lanteri-Laura, Lucien Favard, Jean-Noël Vuarnet, Georges Zimra, Guy Le Gaufey, George-Henri Melenotte
    La parole confisquée : le secrétaire dans l’Italie des xvie et xviie siècles, M. Blanc-Sanchez • La fonction secrétaire, élément de la méthode freudienne, J. Allouch • «La personne de moi-même». Les destinées d’une observation clinique dans l’histoire de la psychiatrie, T. Trémine • Jean-Pierre Falret et le problème de la sténographie des malades, G. Lanteri-Laura • Le médecin n’est pas un secrétaire, L. Favard • Le secrétaire et ses mystiques, J.-N. Vuarnet • La passion d’être deux, G. Zimra • Lou Andréas-Salomé et Rilke, C. Maillet • Max Graf, go between entre Freud et Hans, M. Gauthron • Otto et son double. Trio dans un salon, P. Koeppel, G.-H. Melenotte • Alors la science ?, A. Lessana • Penser au Moyen Âge. Alain de Libera, G. Zimra • L’«abandon» de la théorie de la séduction chez Freud – (I) G. Le Gaufey. • Conversation sur le tabac. Wilhelm Stekel, trad. de P. Koeppel, G.-H. Melenotte.
  • Revue du Littoral 36 : Écritures lacaniennes - octobre 1992Philippe Soulez, Érik Porge, Marjolaine Hatzfeld, Michael Soubbotnik, Vannina Micheli-Rechtman, Philippe Julien, Michel Grangeon, Antonia Soulez, Marie-Magdeleine Chatel, Gérald Moralès, Françoise Jandrot, Guy Le Gaufey, Bernard Casanova
    Écritures lacaniennes. La division du sujet et le retour de la vérité, E. Porge • «L’action de la formule» : une contribution à la lecture de la quatrième question de «Radiophonie», P. Soulez • Variations sur le thème tragique dans L’éthique de la psychanalyse, M. Hatzfeld • Le tissu de la fiction : approche de Bentham, M. Soubbotnik • Aristote et la question du réel dans l’éthique, V. Micheli-Rechtman • Logiques de la négation, P. Julien • Écritures logiques : des fondements aristotéliciens des quanteurs de la sexuation, M. Grangeon • L’ancrage du logique ou le retour de Lacan à la dyade platonicienne, A. Soulez • De la déchéance, le tragique «moderne», M.-M. Chatel • André Leroi-Gourhan, Jacques Lacan, une nette différence, G. Moralès • «J’ai réussi là où le paranoïaque échoue». Chawki Azouri, F. Jandrot-Louka • La fabrique du sexe. Thomas Laqueur, G. Le Gaufey • La phénoménologie de l’esprit. Hegel, B. Casanova • L’«abandon» de la théorie de la séduction chez Freud (II), G. Le Gaufey • Sigmund Freud sans barbe, Ernst Federn.
  • Revue du Littoral 37 : Une folie d'après Lacan - avril 1993Marie-Magdeleine Chatel, George-Henri Melenotte, Chawki Azouri, Françoise Davoine, Danièle Arnoux, Moustafa Safouan, Lucien Favard, Christian Simatos, Georges Zimra, Bernard Casanova, Denis Lecuru, Jean Allouch
    Faute de ravage, une folie de la publication, M.-M. Chatel • L’incision comptable de Marguerite Anzieu, G.-H. Melenotte • Nous sommes tous des « schizophrères », C. Azouri • Le livre volé, F. Davoine • La rupture entre Jacques Lacan et Gaëtan Gatian de Clérambault, D. Arnoux • La lettre au corps, à propos de Joë Bousquet, A. Freixe, F. Beddock • L’incomplétude du symbolique, Guy Le Gaufey, M. Safouan • Le messager des étoiles (sidereus nuncius), Galilée, L. Favard • Freud sur le front des névroses de guerre, Kurt R Eissler, C. Simatos • Les farfadets ou Tous les démons ne sont pas de l’autre monde, Berbiguier de Terre Neuve du Thym, G. Zimra • Penser la folie, Essais sur Michel Foucault, B. Casanova • Présentation du Thésaurus Jacques Lacan, (T.1), D. Lécuru • Historique du cas de Marguerite : suppléments, corrections, lecture, J. Allouch, D. Arnoux.
  • Revue du Littoral 38 : Fous à lire - novembre 1993Jean-Marie Fritz, Dominique de Liège, Jean Paira-Pemberton, Laurent Cornaz, Érik Porge, Jean Lechner, Jean Allouch, Norbert Haas, Françoise Jandrot
    Mise en écriture et mise en scène de la folie au Moyen Âge, J.-M. Fritz • On n’est jamais assez bon avec Queneau, D. de Liège • John Clare : nom et renom, J. Paira-Pemberton • Du délire à lire, L. Cornaz • Jean-Jacques Rousseau : rêver l’oubli, La démémoration, E. Porge • Le fléau des farfadets, J. Lechner • Mille et plus lettres en souffrance sur la couche de Jacques Lacan ?, J. Allouch • Un Jacques Lacan, sans guère d’objet ni d’expérience (à propos de l’ouvrage d’Elisabeth Roudinesco, Jacques Lacan. Esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée), J. Allouch • L’allemand de Lacan ou « désir » dans un texte de Freud, N. Haas • Freud et puis Lacan. Jean Allouch, F. Jandrot-Louka • La folie Wittgenstein. Françoise Davoine, D. de Liège • Des principes de Hughlings Jackson à la psychopathologie d’Eugen Bleuler, H. Ey.
  • Revue du Littoral 39 : Pléthore de sens - février 1994Marie-Magdeleine Chatel, George-Henri Melenotte, Christiane Dorner, Charles-Henry Pradelles de Latour, Lucien Favard, Ginette Pelland, Bernard Casanova, Toni Negri, Danièle Arnoux, Moustafa Safouan
    Sens ou effet de sens, M.-M. Chatel • La dictée de Jung, G.-H. Melenotte • La méditation de Dora, C. Dorner • Les origines du mal dans la mythologie africaine, C.-H. Pradelles de Latour • Giordano Bruno, l’expérience tragique de l’insensé, L. Favard • D’un cas de paranoïa qui résiste à la théorie freudienne, G. Pelland • Écrits sur la psychanalyse. Louis Althusser, B. Casanova • La main du prince. Michele Benvenga, Tomaso Costo, T. Negri • La parole ou la mort. Moustapha Safouan, P. Julien • Naître à la folie. Henri Grivois, D. Arnoux • Louis II de Bavière selon Ernst Wagner, paranoïaque dramaturge. Anne-Marie Vindras, J. M. Cano L6pez • Malaise dans la procréation, Marie-Magdeleine Chatel, M. Safouan • Écrits d’aliénés, G. Ferdière.
  • Revue du Littoral 40 : Témoin Schreber - juin 1994Françoise Jandrot, Marie-Magdeleine Chatel, Janine Germond, Roland Léthier, Jean Paira-Pemberton, Chawki Azouri, Michael Soubbotnik
    Voix de Daniel Paul Schreber. Une nosologie ? F. Jandrot-Louka • De père en fils, une mission Schreber, M.-M. Chatel • Qui après tout connaît le docteur Schreber ? J. Germond • La fabrique du Nom-du-Père, R. Léthier • La fidélité infidèle, J. Paira Pemberton • Hérésies, de Ferenczi à Lacan, Ch. Azouri • Thésaurus Lacan, volume I, annexe. Citations de publications de Lacan par lui-même dans l’ensemble de l’œuvre écrite, D. Lécuru • Encore Emma sur Yvette Guilbert, R. Andrade • Sándor Ferenczi, Les écrits de Budapest, V. Plard • Christian Laval, Jeremy Bentham, Le pouvoir des fictions, M. A. Soubbotnik • Une contribution à l’analyse de la réaction thérapeutique négative, traduction Jean-Paul Bucher, J. Rivière.
  • Revue du Littoral 41 : Sa sainteté le symptôme - novembre 1994Jacques Maître, Jean Allouch, Jacques Sédat, Laurent Cornaz, Lucien Favard, Jean-Louis Sous, Marie-Magdeleine Chatel, Haroldo de Campos, Danièle Arnoux, Françoise Jandrot
    À propos de la « Madeleine » de Pierre Janet, Études carmélitaines • Histoires de symptômes, histoires d’âme, J. Maître • Du symptôme comme tenant hypothétiquement lieu de sainteté, J. Allouch • Deux textes de Marc-François Lacan, présentés par J. Sédat • Un « saint » qui laisse à désirer, L. Cornaz • Foi faite au sujet supposé savoir, L. Favard • Le hoquet d’Aristophane, J.-L. Sous • Dialogue avec le symptôme, M.-M. Chatel • L’afreudisiaque Lacan dans la galaxie de lalangue, H. de Campos • Analytique du drapé, D. Arnoux • Le paradoxe du menteur. Sur Laclos, Pierre Bayard, F. Jandrot-Louka • Sur la répétition, Séance à la Société d’ethnographie le 14 janvier 1928, échange entre L. Marin et G. G. de Clérambault.
  • Revue du Littoral 42 : Éclat du fétiche - mai 1995Guy Le Gaufey, Paul-Laurent Assoun, Alfred Binet, Martine Gros, Bernard Casanova, Laurent Cornaz, Marie-Magdeleine Chatel, Françoise Jandrot, Charles-Henry Pradelles de Latour, Bernard Casanova, Jean-Michel Vappereau
    Tous ces objets qui nous tournent le dos, G. Le Gaufey • Le fétiche ou l’objet au pied de la lettre, P.-L. Assoun • Le fétichisme dans l’amour, A. Binet • La relation d’œuvre, F. Gros • Éclats de clinique, B. Casanova • L’éviction de l’origine, G. Le Gaufey, L. Cornaz • L’œuvre claire. Lacan, la science, la philosophie, J.-C. Milner, M.-M. Chatel, L. Cornaz • Adieu, Essai sur la mort des dieux, J.-C. Bailly, F. Jandrot-Louka • Vie, poésie et folie de Friedrich Hölderlin, W. Waiblinger, G.-P. Cuny • Les deux sœurs et leur mère, Françoise Héritier, C.-H. Pradelles de Latour • L’é.c.r.i.t.u.r.e. ou le tragique de la transmission, Laurent Cornaz, B. Casanova • Vol d’idées ? W. Fließ, son plagiat et Freud, Erik Porge, D. Arnoux • Lettre de Charles Fließ à son frère Robert • Nécrologie de W. Fließ, Max Hirsch • Une erreur de perspective, J.-M. Vappereau.
  • Revue du Littoral, Hors série : Deuil d’enfant - novembre 1995Jesper Svenbro, Gutierre Aceves, Charles-Henry Pradelles de Latour, Françoise Jandrot, Michel Vovelle, Laurent Cornaz, Marie-Claude Thomas, John Bowlby, Michel Debernardi, Anna Freud, Max Schur, René Spitz
    L’enfant, le palmier et les lettres phéniciennes, J. Svenbro • Images de l’innocence éternelle, G. Aceves • La mort dans une société africaine, C.-H. Pradelles de Latour • Érotique du deuil au temps de la mort sèche, Jean Allouch, F. Jandrot-Louka • Le retour des morts, M. Vovelle • Feu l’enfant du philosophe, L. Cornaz • A propos de John Bowlby, M.-C. Thomas • L’affliction et le deuil dans l’enfance et la petite enfance, John Bowlby • Discussion du texte de Bowlby, Anna Freud, Max Schur, René Spitz (trad. M. Debernardi)
  • Revue du Littoral 43 : Oui, l’artiste - février 1996Danièle Arnoux, Roland Léthier, Gérard Joncoux, Dominique de Liège, Antonio Montes de Oca, Michèle Ruty, Laurent Cornaz, Guy Le Gaufey, Cécile Imbert, Martine Gros, Graciela Siciliano Bousquet
    L’œuvre de la rupture, L’âge mûr de Camille Claudel, D. Arnoux • L’Angélus de Dali, R. Léthier • La poupée articulée de Hans Bellmer, G. Joncoux • Perec, Pontalis : fin d’une ruse, D. de Liège • Junglemen in agleement entre Joyce et Jung, A. Montes de Oca • L’amante anglaise, interprétation d’un crime, M. Ruty • Pascal Quignard, spéculaire rhétorique, L. Cornaz • Antoine Berman, Pour une critique des traductions : John Donne..., G. Le Gaufey • Gitta Sereny, Meurtrière à onze ans, Le cas mary Bell, C. Imbert • Marcel Réja, L’art chez les fous, F. Gros • Nijinski, Cahiers, G. Siciliano Bousquet • Jackson Pollock, M. Desgrandchamps •
  • Antigone - La parenté entre vie et mortJudith Butler, Guy Le Gaufey
    Désormais reconnue pour ses travaux sur le genre (gender) et la sexuation, Judith Butler poursuit ici son questionnement en étudiant de très près l'Antigone de Sophocle. Faut-il continuer de réduire Antigone à ce que ses plus célèbres commentateurs en ont fait ? Tantôt une femme défendant les lois non écrites de la famille contre celles de l'État (Hegel), tantôt une fille se tenant à l'orée de l'ordre symbolique, choisissant le royaume de l'entre-deux-morts plutôt que la loi commune (Lacan) ? Son nom d'anti-gonè (contre la génération) ne désigne-t-il pas le trouble qu'elle jette, tant par ses paroles que par ses actes, dans l'ordre de la famille hétéronormée et dans la répartition des genres sexués ? Aujourd'hui où la parentalité se détache en partie de la famille traditionnelle, Antigone ne serait-elle pas en mesure de nous livrer quelques clefs de ce chamboulement ?
  • Sidonie Csillag : homosexuelle chez Freud, - lesbienne dans le siècleInes Rieder, Diana Voigt, Thomas Gindele
    Ce que vous n'avez pas lu dans le compte-rendu de Freud : échantillon. L'année précédente, il s'était passé quelque chose de terriblement humiliant pour elle. Elle accompagnait sa mère à l'une de ses nombreuses cures, cette fois-ci au Semmering. [?] Le père était resté à Vienne, à cause de son travail. Lors de ces cures, la femme angoissée et misanthrope qu'est sa mère se transforme en véritable vamp. Elle flirte, fait la coquette au point que sa fille meurt de honte et de dégoût. Les messieurs lui tournent autour, tels des mites autour de la lumière. Ce que sa mère fait avec eux, elle ne tient pas à le savoir. En tout cas, elle soupe, dîne et se promène avec ses admirateurs, comme si elle n'était pas mariée. Et voilà qu'un jour elle dit à un monsieur qui trouvait Sidonie jolie et bien élevée, qui voulait faire un compliment à la mère sur cette fille si réussie, que ce n'était pas son enfant, mais celle d'une connaissance. Elle l'avait tout simplement reniée, pour avoir l'air plus jeune, pour dévier l'intérêt que cet homme portait à Sidonie. La douleur de Sidi en fut si grande qu'elle courut en pleurant dans sa chambre, passant les jours suivants seule dans la forêt, juste pour ne pas voir cette horrible femme manifester sa haine contre tout ce qui est féminin. Chaque femme lui est une concurrente et une adversaire, même sa propre fille. Circonstances Ce 9 juin 2001, on célèbre, à Vienne, le centenaire de la naissance de Jacques Lacan Thème choisi : le passage à l'acte (ce concept lui est dû). On m'invite à intervenir. Il se trouve que je suis en train d'étudier les différentes versions du passage à l'acte de ladite « jeune homosexuelle » que Lacan construit à plusieurs années d'intervalle. L'ultime, en 1963, lui sert d'appui pour une reformulation du sens du « retour à Freud », mot d'ordre lancé à Vienne en 1955. Un demi-siècle plus tard, en ce même lieu, l'occasion m'était ainsi donnée d'aller dire qu'il s'agissait, depuis 1963, dun « retour à... ce qui manque à Freud ». Prenant la parole après mon exposé, le professeur August Ruhs, qui présidait la séance, annonça, pour la toute première fois publiquement, qu'il avait rencontré la « jeune homosexuelle » de Freud, devenue, depuis, une très vieille dame. Il croyait aussi savoir que deux lesbiennes s'étaient longuement entretenues avec elle, peu avant sa mort, et avaient rapporté ses propos sous la forme d'un récit de sa vie, celle d'une lesbienne tout au long du XXe siècle. Leur livre était récemment paru. Ines Rieder et Diana Voigt ont proposé aux membres viennois de l'International Psychoanalytic Association de venir leur en parler : refus catégorique des deux Sociétés. Par cécité sur « ce qui manque à Freud » ? Alors que pratiquement tous les cas publiés par Freud, ont fait l'objet de recherches historiques ces vingt dernières années, la « jeune homosexuelle », a été tenue à l'écart des investigations. La voici donc qui, post mortem, prend la parole, dit sa version de sa rencontre avec Freud, mais aussi sa vie mouvementée (scandale de son amours viennois d'une prostituée nobiliaire, juive exposée au national socialisme avant de connaître un exil désargenté). Bien des questions, laissées sans réponse par le texte de Freud, se trouvent là résolues. Et Freud démenti, sur certains points (dont le récit lui-même du passage à l'acte). Les lectures de Lacan et d'autres exégètes en sont-elles affectées ? Qu'on en juge, sur pièces. Jean Allouch
  • Le mouvement transgenre - Changer de sexePat Califia, Patrick Ythier
    Changer de sexe est une étude transversale de la transsexualité, de la dysphorie de genre et du transgendérisme au XXe siècle. L'ouvrage propose un historique détaillé du transgendérisme ; l'auteur fait aussi état d'entretiens, développe une analyse culturelle et ajoute des anecdotes personnelles, afin de mieux comprendre les problèmes médicaux, sexuels, politiques et sociaux rencontrés par les personnes dysphoriques de genre. Il évoque la vie de quelques transsexuels dont l'histoire personnelle a fait événement, comme Christine Jorgensen, Jan Morris ou Mario Martino. Après une présentation de la première génération de littérature transsexuelle, le livre relève les changements intervenus avec une deuxième vague d'autobiographies. Sont analysés : les travaux des premiers « experts » du genre tels H. Benjamin, J. Money ou R. Stoller ; la question de la réaction féministe à l'encontre de la dysphorie de genre et de la réassignation sexuelle ; les recherches d'intellectuels gays (Katz, Roscoe...) sur les berdaches d'Amérique du Nord, les hijra d'Inde et les passing women, ces femmes qui s'habillent et vivent comme des hommes ; l'histoire des combats politiques d'activistes transsexuels. Califia a écrit ce livre pour dire son refus de la discrimination et de la haine dirigées contre les personnes différentes de genre.
  • Entrelacs - Mon ami le séducteur — Les petits dépressifsJanine Loo, Jacques Lacan, Jean-Pierre Faye
    Née en 1920 dans un train entre Poitiers et Angoulême, Janine Loo, peintre et sculpteur, a repris son nom de jeune fille pour signer ces deux BD (réunies en un volume), en mémoire de son père mais aussi parce que la lettre O est sa préférée, lui évoquant un œuf, la forme parfaite. Son père, arrivé de Chine à Paris avant la Première Guerre mondiale, est rapidement devenu l’un des plus grands antiquaires d’art d’Extrême-Orient, créant une galerie à Paris, puis une autre à New York. En 1926, par nostalgie, il fit construire la fameuse Pagode rue de Courcelles à Paris. En 1947, il demande à sa fille d’en prendre la direction. Mon ami le séducteur et Les petits dépressifs ne sont pas le résultat d’un projet réfléchi. Au cours d’une pénible labyrinthite suivie d’une crise de mélancolie profonde, Janine Loo se mit à tracer (dans un état second, pense-t-elle) des dessins sur des bouts de papier épars sur son lit. À l’occasion d’un rangement, retrouvant ces dessins, elle les dispose, par jeu, à plat sur sa table. Puis, suivant un itinéraire « inconscient », les place les uns à la suite des autres. C’est alors que des mots isolés lui sont venus à l’esprit, dont elle va se servir pour faire des petites phrases, bientôt composées en deux histoires : ainsi naquirent les deux bandes dessinées Mon ami le séducteur et Les petits dépressifs. Dans les années cinquante, Jacques Lacan, curieux de l’art d’Extrême-Orient, rendit visite à Janine Loo à la Pagode. Avec leurs mêmes initiales, ils étaient faits pour s’entendre. De cette première rencontre est née une amitié durable. Longtemps après, au cours d’un déjeuner, elle lui demande son avis sur ses BD. Souhaitant d’abord les garder pour les lire à son aise, il les lui rendit quelques jours après, accompagnées d’un petit commentaire amusé.
  • Ombre de ton chienJean Allouch
    Une romancière (Dominique Desanti) l'a dit : psychanalyser est un métier de chien. Et un psychanalyste (Jacques Lacan) l'a approuvée publiquement, allant jusqu'à écrire dans Le Monde: «Cléo [l'héroïne de Un métier de chien] livre sans choquer ce qui serait autrement impossible à dire, ce que jamais les vrais psychanalystes dans la vie ne révèleront : la vérité d'une femme sur l'amour.» Qu'est-ce donc qu'aimer en chien ? Qu'aimer un chien ? Que l'amour chien ? Que la chiennerie amoureuse ? Sidonie Scillag (ladite "jeune homosexuelle" chez Freud), décéde en 1999, exemplifia, dans sa vie, cet amour chien. Son enseignement est ici pris en compte. En résulte un curieux chassé-croisé entre discours psychanalytique et discours lesbien, où s'éclaire, mais en creux, un point resté des plus opaques dans la psychanalyse : l'amour de trasnfert. Ce nouvel amour relèverait-il de la chiennerie amoureuse ?
  • Marché au sexeGayle Rubin, Judith Butler, Éliane Sokol,
    Aucun amateur de cuisine épicée ne se verra privé de liberté ou victime d’ostracisme pour avoir satisfait ses papilles gustatives. En revanche, on peut être jeté en prison pour trop aimer les chaussures en cuir. De même, l’homosexualité, le sida, la pornographie, le transsexualisme, et aujourd’hui la pédophilie, donnent lieu à ce que Gayle Rubin appelle une « panique sexuelle ». Chaque panique désigne une minorité sexuelle comme population-cible. Au terme du processus, celle-ci se trouve décimée, et la société tout entière, juridiquement et socialement, réorganisée. Pour traiter de cette question, Gayle Rubin a jeté les bases d’un champ autonome d’études sur le sexe où désir, jouissance et diversité érotique pourraient trouver leur raison théorique et politique. Nous sommes loin ici du communautarisme béat qu’on prête parfois en France aux intellectuels américains. Les critiques de Judith Butler sont vives : « les lesbiennes n’ont rien d’autre en commun que leur expérience du sexisme et de l’homophobie », ou ses réserves sur le coming out : « La sexualité reste-t-elle sexualité quand elle est soumise à un critère de transparence et de révélation ? Une quelconque sexualité serait-elle possible sans cette opacité qui a pour nom inconscient ? » Gayle Rubin et Judith Butler soulignent constamment la nécessité de ne pas troquer une violence contre une autre, une démonologie religieuse contre une démonologie laïque, laissant sa chance à l’érotologie moderne.
  • Substances de l'imaginaireGeorge-Henri Melenotte
    Avec un cahier de 12 illustrations
  • Proust lesbienElisabeth Ladenson, Antoine Compagnon, Guy Le Gaufey
    Les petits malins, qui préfèrent lire le dessous des cartes en pensant que la vérité y est plus à son aise, se sont complus à reconnaître en Albertine… Albert. Jusqu’à échafauder une théorie dite « de la transposition » selon laquelle l’ensemble de l’œuvre proustien n’affiche son lesbianisme que pour mieux parler, à couvert, de l’homosexualité masculine de son auteur (si peu cachée, au demeurant).
    Elisabeth Ladenson prend ici le parti de montrer l’inconsistance et la grossièreté de cette thèse : la jalousie sans fin du narrateur pour Albertine, ses sentiments troubles pour Andrée, l’odyssée de Mlle Vinteuil et de son amie, la passion que la mère et la grand-mère du narrateur entretiennent pour les Lettres de Mme de Sévigné, la surprise insondable du baron Charlus devant la nature « lesbienne » de son amant Morel, autant d’aspérités du texte écrasées par la théorie de la transposition, auxquelles Elisabeth Ladenson redonne un relief saisissant.
    Gomorrhe n’est plus, sous sa plume, le symétrique de Sodome, mais une construction littéraire destinée à laisser deviner l’existence de ce que le narrateur toujours échoue à dire, à montrer : le plaisir lesbien. Et donc « ce que font les femmes entre elles », du simple fait d’excéder les capacités sexuelles et narratives de celui qui « longtemps s’est couché de bonne heure », s’offre comme l’objet d’une quête… toute littéraire.
    Si Proust, de son vivant, ne fut guère lesbien (on le sait dans le détail désormais), son narrateur reste pris dans les rets textuels de Gomorrhe et d’une sexualité que la bipolarité des genres échoue à classer.
  • Oublier Foucault : mode d'emploiDavid Halperin, Isabelle Châtelet
  • Désir et contraintes en Grèce ancienneJohn J. Winkler, David Halperin, Nadine Picard, Sandra Boehringer
  • Art et MultitudeToni Negri
  • Théorie queer et psychanalyseJavier Sáez
  • Conférences LitterMichæl Lucey, David Halperin, Leo Bersani
  • Le pastout de Lacan - Consistance logique, conséquences cliniquesGuy Le Gaufey
  • L'enfant supposéJean-Louis Sous
  • Sur la psychanalyse et sur sa fin - Notes de séminaires, Tours, 1996-1997Bernard Casanova
  • L'invention de la sodomie dans la théologie médiévaleGuy Le Gaufey, Mark D. Jordan
  • La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ? - Réponse à Michel FoucaultJean Allouch
  • Le choix de l'homosexualitéBruno Perreau, Florence Tamagne, Sandra Boehringer, Damien Bocquet, Valérie Pouzol, Marie-Élisabeth Handman, Natacha Chetcuti, Jean-Yves Le Talec, Hélène Fleckinger, Marianne Blidon, Rémi Lenoir, Baptiste Coulmont, Wilfried Rault, Martha Mailfert, Françoise Gaspard, Laure Murat, Michæl Lucey, Judith Butler
    Sous la direction de Bruno Perreau
    Sommaire
    Bruno Perreau. Le choix de l’homosexualité
    1. Histoire et identité
    Florence Tamagne. Au-delà des catégories • Sandra Boehringer. Comparer l’incomparable. La sunkrisis érotique et la question des catégories sexuelles dans le monde antique • Damien Boquet. Pour une généalogie de l’homosexualité masculine : le rameau de l’amitié chrétienne (Antiquité tardive et Moyen-Âge) • Valérie Pouzol. L’engagement de l’ombre : homosexualité et militantisme pour la paix dans le mouvement des Femmes en noir (Israël, 1988-2004)
    2. Corps, normes et communautés
    Marie-Elisabeth Handman. L’invention permanente • Natacha Chetcuti. Corps programmés / Corps à inventer • Jean-Yves Le Talec. La double normalisation de l’homosexualité et du sida : expressions identitaires, désirs et risque • Hélène Fleckinger. Militantismes homosexuels et cinéma : l’esthétique comme politique • Marianne Blidon. Les commerces gays entre logique économique et logique communautaire
    3. Politiques et institutionnalisation
    Remi Lenoir. L’ombre du mariage • Baptiste Coulmont. Bons à marier ? Rite d’institution et institution d’un rite • Wilfried Rault. L’enregistrement du Pacs au tribunal d’instance : entre assignation et réappropriation • Martha Mailfert. L’entourage social des familles homoparentales : une gestion différentielle ou comment se dire ou se taire couple parental quand on forme un couple homosexuel4. Les études gays et lesbiennes : enjeux et méthode Françoise Gaspard. « Les homosexualités ». Un « objet » légitime de recherche ? • Laure Murat. Tentative de bilan historiographique des études gays et lesbiennes • Michael Lucey. La sexualité, le discours, et nous • Judith Butler. Politique de la sexualité : les tensions productrices de la solidarité
  • Quid pro quo n°2Anne-Marie Vindras, Fabrice Arcamone, Laurent Cornaz, Marie-Claude Thomas, Guy Casadamont
    Anne-Marie Vindras, "L'excédent sexuel empêche la traduction",
    pour Janine Altounian, L'écriture de Freud. Traversée traumatique et traduction

    Fabrice Arcamone, L'école est finie ?,
    pour Pierre Bruno, Marie-Jean Sautet, Problèmes de psychanalyse

    Laurent Cornaz, Quand l'esprit (de la science) déserte la psychanalyse, la sagesse l'envahit,
    pour Nina Coltart, Bouddhisme et psychanalyse

    Marie-Claude Thomas, Sensations de langue,
    pour Patrice Maniglier, La vie énigmatique des signes. Saussure et la naissance du structuralisme

    Guy Casadamont, Exercices spirituels foucaldiens,
    pour Michel Foucault, L'herméneutique du sujet

  • De quoi est fait l'inconscientFernand Cambon
  • Un amour de transfert - Journal de mon contrôle avec Lacan (1974-1981)Élisabeth Geblesco
  • Quid pro quo n°3Guy Casadamont, Michel Roussan, Manuel Hernández García, Laurent Cornaz, Bernard Magné, Jean-Christophe Weber, George-Henri Melenotte
    Guy Casadamont, Allouch pas sans Foucault,
    pour Jean Allouch, La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ?

    Michel Roussan, Note bleue,
    pour Jean Clavreul, L'homme qui marche sous la pluie

    Manuel Hernández, Un livre méthode,
    pour Diana Estrín, Lacan día por día

    Laurent Cornaz, Chercher mi-dit à Midrash,
    pour Gérard Haddad, Le péché originel de la psychanalyse

    Bernard Magné, Sur Perec, les confusions d'un "psychiatre, psychanalyste",
    pour Maurice Crocos, Penser la mélancolie, une lecture de Georges Perec

    Jean-Christophe Weber, Le piège de la norme sexologique,
    pour Nathalie Frogneux et Patrick de Neuter, Sexualités, normes et thérapies

    G.-H. Melenotte, Considérations sur l'enfer d'une bibliothèque,
    pour Lionel Naccache, Le nouvel inconscient. Freud, Christophe Colomb des neurosciences
  • La mort parfaite de Stéphane MallarméLeo Bersani, Isabelle Châtelet
    Leo Bersani est connu en France par deux autres ouvrages : Homos (Odile Jacob, 1998), et, avec Ulysse Dutoit, Les secrets du Caravage (Epel, 2002). Il fut invité par Michel Foucault, en 1982, à donner quatre conférences au Collège de France. Ses livres ont été traduits dans de nombreuses langues. Il est passé d’études centrées sur la littérature française à des recherches interdisciplinaires touchant à la psychanalyse, l’art, la théorie queer, la peinture et le cinéma.
  • Le style homosexuel - En Espagne sous FrancoJuan Gil-Albert, Annick Allaigre, Annick Allaigre, Juan Antonio González-Iglesias
  • La cigale lacanienne et la fourmi pharmaceutiquePhilippe Pignarre
    Philippe Pignarre est historien et directeur des Empêcheurs de penser en rond. Il a travaillé dans l’industrie pharmaceutique, et publié Les malheurs des psy (La découverte, 2006).
  • Littoral 30 : La frérocité - octobre 1990Marie-Magdeleine Chatel, Érik Porge, José Attal, Charles-Henry Pradelles de Latour, Anne-Marie Ringenbach, Mayette Viltard, Rosalba Galvagno, George-Henri Melenotte, Antonia Soulez, Jacques Lis
    Pour introduire à la frérocité, M. M. Chatel • Un écran à l'envie, Érik Porge • Les germains patri- et matrilinéaires : une comparaison, C.-H. Pradelles de Latour • Quelques difficultés de l'intrusion du vivant dans l'image, A. M. Ringenbach • L'auto-punition : une solution à l'impasse imaginaire du transfert chez Dora, M. Viltard • La métamorphose d'une sœur, R. Galvano • Physiologie und Psychoanalyse in Leben un Wek Joseph Breuers, Albrecht Hirschmüller, G. H. Melenotte • Quelques données biographiques sur Dora, M. Viltard • Science du sujet, science du réel. Lacan à partir de Hintikka et Wittgenstein, A. Soulez • Commentaires de deux dessins du séminaire du 15 février 1977, A. M. Ringenbach • L'espace du regard en peinture, J. Lis.
  • Contre l'éternité - Ogawa, Mallarmé, LacanJean Allouch
    Collection Essais
  • La nécessité du chagrin d'amour - Alain-Fournier ou l'invention de l'adolescenceAndré Agard
    Dans la collection Des traces
  • Quid pro quo n°4Teresa de Lauretis, Marie-Claude Thomas, Yan Pélissier, Dominique de Liège, Guy Casadamont, Laurent Cornaz
    Teresa de Lauretis, Le gai savoir ou la norma Traviata,
    pour Mario Mieli, Éléments de critique homosexuelle

    Marie-Claude Thomas, Rejouer la causalité ?,
    pour Gérard Pommier, Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse

    Yan Pélissier, Opposer lalangue à la langue : une erreur de lecture,
    pour Philippe Lacadée, L'Éveil et l'exil

    Dominique de Liège, Ceci n'est pas un livre,
    pour Bernard Casanova, Sur la psychanalyse et sur sa fin

    Guy Casadamont, Althusser derrière là le V en masse,
    pour Louis Althusser, L'avenir dure longtemps

    Laurent Cornaz, Une spiritualité sans aveux,
    pour Saint Augustin, Les Aveux
  • Lettre pour lettre - Transcrire, traduire, translittérerJean Allouch
    Un analysant apporte en séance ce très court rêve : un H, en blanc sur un panneau à fond bleu. Ces précisions ouvrent l’interprétation : H chiffre « hôpital ». Il s’agit d’une translittération car, de cette image à ce mot, il y a toute la distance d’une écriture pictographique à une écriture alphabétique. Non sans provoquer un rire amusé, le sens suit : la veille, son psychanalyste était intervenu de façon intempestive et ce H, qui renvoie, par contiguïté, à l’injonction « silence ! », vient lui signifier qu’il a à tenir sa place… et rien de plus.
    Avec sa réinscription ailleurs, l’être qui peut lire sa trace se fait « dépendant d’un Autre dont la structure ne dépend pas de lui ». Cette formule de Lacan situe la clinique analytique – une clinique de l’écrit – comme celle où se décline cette dépendance.
    Hormis Jacques Lacan, aucun psychanalyste n’a su reconnaître cette altérité littérale (non pas l’Autre de soi, mais l’Autre que soi) qui règle la vie de tout un chacun. Jean Allouch lui consacre ici même une postface inédite qui tout à la fois nuance et prolonge ce qui fut écrit en 1984. L’image y retrouve sa puissance d’image.
  • L'insistance de la lettre chez Lacan - Le tournant de 1971George-Henri Melenotte
    Avec « L’Instance de la lettre dans l’inconscient » (1957), Lacan relançait un concept de lettre qui, depuis Freud et L’Interprétation du rêve, passait pour central dans l’exercice et la théorie psychanalytiques. Jung lui-même, avec sa calligraphie du Livre rouge, y avait touché.
    La lettre selon Lacan a longtemps entretenu des rapports ambigus avec le signifiant. Jusqu’à Lituraterre qui, en 1971, marque un tournant important. La voici désormais bord d’un trou, puis tresse, via le nœud borroméen (1972). Elle fera enfin le tissu qui enveloppe le lieu de l’Autre déserté par l’objet dans la seconde analytique du sexe. Ce que George-Henri Melenotte appelle ici la treille de l’absence.
  • Littoral 22 : De S.I.R. - avril 1987Jean Allouch, Jean-Pierre Dreyfuss, Bernard Casanova, Jean-Paul Abribat, Guy Le Gaufey, Irène Diamantis, Érik Porge, Mayette Viltard, Gérôme Taillandier
    Premier congrès de l'elp - 1987 SIR : une ouverture que ren ne laissait prévoir ?, Jean-Pierre Dreyfuss • Qu'il n'y a pas de psychogenès, Bernard Casanova • Une esthétique non transcendantale, Jean-Paul Abribat • UNe présence sans qualités? Guy Le Gaufey • De l'objection comme constructin d'objet, Irène Diamantis • Le fantasme, un nouage h(a)té, Érik Porge • Tres faciunt insaniam, Jean Allouch • Chiffoner le mot, Mayette Viltard.
  • Littoral 18 : L'enfant et le psychanalyste - janvier 1986Érik Porge, Jacquelyne Poulain-Colombier, Martine Gauthron, Anne-Marie Deutsch, José Attal, Mayette Viltard, Eugénie Sokolnika, Raphaël Brossart, Jacques Mayer, Guy Le Gaufey, Laurent Mottron, Gérôme Taillandier
    Le transfert à la cantonnade, Érik Porge • Historique des concepts et des techniques, Jacqueline Poulain Colombier • Avec un enfant, un analysant passe, Martine Gauthron • La tare et le symbole, Anne-Marie Deutsch • Transfert et fin d'analyse avec l'enfant, José Attal • La vie n'est pas un songe, Mayette Viltard • Analyse d'une névrose obsessionnelle infantile, Eugénie Sokolnika • La croix et le mot, Raphaël Brossart • Anagrames et isotopies anagramatiques, Jacques Mayer • Le trou du savoir, Guy Le Gaufey • Recouvrements et incompatibilités entre Renét Thom et Jacques Lacan, Laurent Mottron • Chronique du séminaire, Gérome Taillandier • Le lien borroméen, Érik Porge.
  • Littoral 21 : Identité psychotique - octobre 1986Philippe Julien, Georges Zimra, Anne-Marie Ringenbach, Érik Porge, Jean Allouch, Marie-Magdeleine Chatel, Jean-Marc Lamarre, Mayette Viltard, Charles-Henry Pradelles de Latour, Arrigo Lessana
    Lacan et la psychose, Philippe Julien • Revers de rêve : un acting out, Georges Zimra • Avatars du corps et de son enveloppe, Anne-Marie Ringenbach • Endosser son corps, Érik Porge • Il y a un transfert psychotique, Jean Allouch • L'incorruptible Palio, Marie-Madeleine Chatel, Arrigo Lessana • La seconde mort de saint Augustin, Jean-Marc Lamarre • Point de vue sur l'identification, Mayette Viltard.
  • Littoral 3/4 : L'assertitude paranoïaque - Février 1982Frédéric Nef, Alain de Libera, Érik Porge, Robert Misrahi, Jean Allouch, Jeanne Lafont, Guy Le Gaufey, Paul Alérini, Baldine Saint Girons, Claude Amirault
    Le "règne" de la parole de Brisset et l'étymologie spéculative, Frédéric Nef • Sur la théorie médiévale de la suppositio, Alain de Libera • Abord de l'hallucination, Érik Porge • Spinoza en épigraphe de Lacan, R. Misrahi • Du discord paranoïaque, Jean Allouch • La folie à deux, DossierDu schéma R au plan projectif, Jeanne Lafont • Ce que le paranoïaque ne réussit pas, Guy Le Gaufey • Un lieu commun à la paranoïa et à la psychanalyse, Paul Alérini • Jean-Jacques ou Jean-Baptiste, Baldine de Saint Girons • "Des trésors aveuglants d'authenticité", Claude Amirault.
  • Littoral 15/16 : L'hainamoration de transfert - mars 1985Philippe Julien, Jean Bollack, Jean Allouch, Danièle Arnoux, Didier Comphout, Irène Diamantis, Christian Simatos, Miguel Felipe Sosa, Mayette Viltard, Michel Cresta, Alain Didier-Weill, Pascale Hassoun, Guy Le Gaufey, Jacquelyne Poulain-Colombier, Marie-Claire Boons, Bernard Casanova, Barbara Cassin, Henri Debray, Érik Porge, Jean-Louis Sous, Christine Toutin
    Hainamoration et réalité psychique, P. Julien • Le modèle scientiste : Empédocle chez Freud, J. Bollack • So What?, J. Allouch • L'amour entre savoir et ignorance, D. Arnoux • Deuil et passion : un art de perdre, D. Cromphout • Stratégie de la rencontre. I. Diamantis • Lacan et son camp? C. Simatos • L'objet perdu ne manque pas, M. F. Sosa • Sur la "liquidation" du transfert? M. Viltard • L'amour Tristant... amour pointilleux des langues, M. Cresta • Les deux haines, A. Didier Weil • La pulsion et l'écart, P. Hassoun • Le dés(a)ïr, G. Le Gaufey • Dé-supposer le savoir, J. Poulain-Colombier • Dire la haine ?, M. C. Boons • Le transfert, quand il fait signe à l'éthique, B. Casanoca • À propos d'Hélène, B. Cassin • Comment ça s'écrit ?, H. Debray • La certitude anticipée du perdurable, E. Porge • Allogène? J. L. Sous • "Mésalliance et amour de transfert, C. Toutin.
  • C'est à quel sujet ?Guy Le Gaufey
    Entre 1959 et 1962, Jacques Lacan a profondément modifié le concept de « sujet », qu’il utilisait par ailleurs depuis le début des années trente, pour aboutir alors à une formule selon laquelle « le signifiant représente le sujet pour un autre signifiant ». La concision et l’obscurité de cette expression ont conduit nombre de ses élèves à la répéter indéfiniment, sans guère en mesurer les enjeux constitutifs.
    Le présent ouvrage entreprend de resituer les moments clefs de cette subversion à travers laquelle Lacan a dépouillé le sujet menteur, qu’il mettait jusque là au centre de l’expérience analytique, de son identité, puis de sa réflexivité, lui déniant ainsi tout accès au savoir pour ne plus le lier alors qu’à la profération signifiante. Ce patient travail a été scandé par une série de décisions théoriques. En les revisitant une à une, la formule livre une partie de ses enjeux initiaux, et retrouve ainsi une intelligibilité qu’en tant que refrain elle ne parvenait pas à atteindre.
    Son originalité ne prend néanmoins son relief que dans une mise en relation avec des tentatives similaires, dans des champs ou à des époques fort différentes. En étudiant la consistance de l’« intellect possible » de l’averroïsme latin du XIIIe siècle, ou la notion d’« énoncé » produite par Michel Foucault dans L’Archéologie du savoir, on se donne les moyens de situer plus exactement la pertinence de la trouvaille lacanienne, non seulement dans son rapport à l’inconscient freudien, mais tout autant dans la puissance de surgissement de ce sujet que Lacan avait voulu refonder face à la psychologisation déjà menaçante de la psychanalyse
  • Hétéros - Discours, lieux, pratiquesCatherine Deschamps, Laurent Gaissad, Christelle Taraud, Alain Corbin, Stéphane Chaudier, Massimo Prearo, Catherine Deschamps, Daniel Welzer-Lang, Christophe Apprill, Josephine Hoegaerts, Anne-Claire Rebreyend, Irène Jonas, Caroline Hirt, Cathy Herbrand, David Paternotte, Bruno Benvindo, Sophie Bollen, Machteld De Metsenaere, Régis Revenin, Gwénola Ricordeau, Eric Fassin
    Reçue comme allant de soi, immuable, quasi naturelle, et essentielle au lien social, l’hétérosexualité n’a guère jusque-là été questionnée. Aussi aura-t-il fallu le développement des recherches gay et lesbiennes pour qu’elle apparaisse enfin dans son étrangeté et sa portée normative. Il y a une histoire de l’hétérosexualité, une identité, un genre hétérosexuel non pas inné mais produit par un certain nombre de lieux et de pratiques dont Hétéros, pour la première fois en France, dresse un inventaire critique. Les sites et chats de rencontres, les danses enlacées (une singularité proprement occidentale), les manières de divorcer, l’autobiographie, la littérature « psy » sur le couple, les sciences sociales nord-américaines, les discours sur la sexualité post-natale, les changements sociaux et législatifs, l’armée, les prisons, les centres d’observation pour délinquants, le sport voilà où se construit, non sans difficultés désormais, l’hétérosexualité.
  • L'amour Lacan : prologue
  • L'amour LacanJean Allouch
    La mise au jour de l’amour Lacan est ici établie par une discussion pas à pas des propos tenus par Lacan tout au long de vingt-sept années de séminaires, où furent successivement abordées plusieurs figures de l’amour sans que l’on puisse, à première vue, distinguer celle qui importait. Telle apparaît une des raisons de l’épaisseur de l’ouvrage. Une autre tient au caractère peu admissible de la thèse, qui donc ne peut être avancée qu’à partir d’une étude exhaustive des propos de Lacan sur l’amour, particulièrement de ceux qui paraissent y contrevenir. Une autre raison, enfin, est due au style de Lacan, allergique à toute paraphrase. Ainsi l’ouvrage vaut-il également comme une proposition portant sur la manière de lire Lacan. Une de ses caractéristiques est l’impossibilité ici reconnue de dissocier complètement l’œuvre et la vie de Jacques Lacan. On a aussi souhaité ne pas s’en tenir au commentaire de textes aujourd’hui presque anciens, mais les confronter à des travaux qui, depuis le décès de Jacques Lacan, ont approfondi, renouvelé et enrichi la méditation contemporaine sur l’amour.

    Ouvrage également disponible sous format électronique chez Eden Livres ou chez votre revendeur habituel au prix de 19,99 €.

  • Comment Marcel devient Proust - Enquête sur l'énigme de la créativitéThierry Marchaisse
    1/ Présentation du livre

    Selon son auteur lui-même, La Recherche du temps perdu recèle une « construction dogmatique ». Mais laquelle exactement ? Il n’est pas si aisé de répondre car l’œuvre de Proust est écrite de telle sorte que sa structure, les étapes de sa création et ses fins philosophiques y sont laissées volontairement implicites. Cependant, il est possible d’éclaircir ces points, dès lors que l’on s’avise que la Recherche est une démonstration, d’un genre très particulier. Ainsi l’enquête de Thierry Marchaisse vise-t-elle à expliciter la construction proustienne, en répondant aux quatre questions suivantes : Qu’est-ce qui a déclenché l’œuvre de Proust ? Quelle vérité fondamentale voulait-il y démontrer ? Et comment ? Enfin, pourquoi s’est il efforcé d’effacer les marques trop apparentes de son étrange traité philosophico-littéraire ? Au moment d’y mettre la dernière main, Proust craignait encore que la pointe de son ouvrage, dont « l’idée » l’obsédait depuis 1909, resterait « comme un monument druidique, au sommet d’une île, quelque chose d’infréquenté à jamais ». Il avait bien raison de s’inquiéter. Précisément parce que la sacralisation des aspects esthétiques de son œuvre a eu pour effet de rendre presque infréquentables ses aspects logico-philosophiques, et notamment la belle « leçon d’idéalisme » qu’elle contient en matière de créativité.

  • Une avant-garde psychiatrique - Le moment Gtpsi (1960-1966)Olivier Apprill, Franck Chaumon, Jean Oury
    Le Groupe de Travail de Psychothérapie et de Sociothérapie Institutionnelles (GTPSI) rassemble quelques acteurs majeurs de la psychiatrie, liés à l’hôpital de Saint-Alban et à la clinique de La Borde, hauts lieux de la psychothérapie institutionnelle.
    S’y retrouvent deux à trois fois par an, de 1960 à 1966, Jean Ayme, Hélène Chaigneau, Roger Gentis, Félix Guattari, Nicole Guillet, Jo Manenti, Ginette Michaud, Jean Oury, Gisela Pankow, Jean-Claude Polack, Claude Poncin, Yves Racine, Philippe Rappard, Jacques Schotte, Horace Torrubia, François Tosquelles et quelques autres – tous engagés dans la transformation du système asilaire.
    Lieu d’une pensée collective aux prises avec l’inconscient et la psychose, le GTPSI se distingue d’une simple société savante par une remise en cause permanente de chacun de ses membres, par la volonté affichée “de ne pas s’en laisser passer une”. À la recherche d’une cohérence théorique et clinique, ces praticiens ont choisi de récuser toute position du psychiatre qui tendrait à l’évitement de la folie.
    En retraçant l’histoire de cette avant-garde et en donnant à lire l’essentiel des analyses et discussions qui l’ont constitué, ce livre met au jour un moment et des travaux inédits qui restent d’une importance majeure pour nourrir la réflexion psychiatrique contemporaine.
  • SPY 2013Jean Allouch, Danièle Arnoux, Guy Casadamont, Hyacintha Lofé, Laurent Cornaz
    Partant du parcours philosophique de Foucault et du frayage analytique de Lacan, Spy succède aujourd’hui à Quid pro quo, revue critique de publications psychanalytiques.
    Son enjeu : situer l’actualité de la psychanalyse pour mieux en indiquer le lieu. Si présente dans la culture, l’analyse n’en reste pas moins absente pour beaucoup. Elle ne souffre ni statut d’État ni statut d’Ordre, ce qui ne dit pas pour autant quel est son lieu aujourd’hui.

  • Portraits de femmes en analyste - Lacan et le contre-transfertBéatrice Cano, Gloria Leff
    Ferenczi le notait déjà en 1924 : « Dans toute analyse normale, l’analyste joue, en effet, tous les rôles possibles, sans exception, pour l’inconscient du patient ; il ne tient qu’à lui de reconnaître ce rôle chaque fois au moment opportun et de s’en servir consciemment selon les circonstances. » Mais quand l’analyste endosse un rôle particulier, qu’est-ce qui se met en marche ? Qu’est-ce qui entre en jeu ? Comment la réussite ou l’échec d’une analyse pourraient-ils dépendre de cette représentation ? Lacan, dans le séminaire L’angoisse, dégage pour ces questions un abord d’une autre veine en relevant qu’une des analyses rapportées par une « femme analyste » avait réussi parce qu’elle avait fait jouer son contre-transfert. Le contre-transfert a toujours été un des thèmes les plus discutés entre analystes et ce, indépendamment de leur appartenance doctrinaire ou du groupe analytique dont ils se réclament. La condamnation de Freud en 1910 n’a pas endigué l’intérêt des analystes pour ce problème ; pas plus que le rejet de Lacan, et des lacaniens – qui eux ont essayé de rabattre l’affaire sur la notion du « désir de l’analyste »-, n’a pu, lui non plus, mettre un terme à cette question. En 1962-1963, la position de Lacan est beaucoup plus nuancée : il s’appuie sur une anecdote sur le Talmud pour circonscrire la spécificité de l’érotique analytique et reconnaître que psychanalyste et psychanalysant ressortent marqués de s’être trouvés « ensemble dans la cheminée ». Il reprend alors la problématique contre-transférentielle et la met dans la bouche (et sous la plume) de quelques « femmes analystes » pour contester le point où Freud a arrêté l’analyse. Avec l’écrit de l’une d’elles il montre que non seulement l’analyse peut être menée « au-delà de l’angoisse de castration », mais aussi de quoi est fait cet « au-delà » et à quelles conditions un analyste a pu y avoir accès.

    Ouvrage également disponible sous format électronique chez Eden Livres ou chez votre revendeur habituel au prix de 13,99 €.

  • Schizomètre - Petit manuel de survie en milieu psychiatriqueMarco Decorpeliada
    marco decorpeliada (1947-2006), catalogué malade mental, a produit une série d’œuvres singulières, qui ont à voir avec les diagnostics par lesquels il a été épinglé. À cet étiquetage, il réplique en fabriquant des objets qui bousculent la nosographie psychiatrique. Une évidence : il existe une correspondance entre les codes attribués aux troubles mentaux dans le DSM IV, et les codes des produits du catalogue PICARD SURGELÉS. Son journal de l’été 2005 et ses « fiches de survie » témoignent, comme l’ensemble de sa production artistique, d’une véritable guérilla contre l’armada du savoir référentiel et ses impasses. Guérilla joyeuse, ironique, parodique, spirituelle, et néanmoins rigoureuse dans sa logique.
  • Jacques le Sophiste - Lacan, Logos et psychanalyseBarbara Cassin
    « Le psychanalyste, c’est la présence du sophiste à notre époque, mais avec un autre statut », dit Lacan en 1965. Est-ce cela qui le poussa à consulter Barbara Cassin sur la doxographie ?

    Dans le fil de cette rencontre, les outils de l’helléniste servent à montrer les similitudes entre parole analytique et discours sophistique et selon quelles voies Jacques le Sophiste fait passer du « sens dans le non-sens » (lapsus et mots d’esprit) au « foncier non-sens de tout usage du sens ».

    Aristote est ici interpellé par un Lacan, sophiste moderne, qui pointe la « connerie » du Stagyrite à l’endroit du principe de non-contradiction.

    Comment parle-t-on, comment pense-t-on la manière dont on parle, quand on place avec Lacan l’énoncé « Il n’y a pas de rapport sexuel » en lieu et place du premier principe aristotélicien ?

  • L'amour des garçons en pays arabo-islamique. XVIe-XVIIIe siècleKhaled El-Rouayheb, Dimitri Kijek
    « On savait depuis des siècles que l’homosexualité masculine était honorée ou pratiquée dans la culture arabo-islamique. Des voyageurs occidentaux l’avaient évoquée, des romans ou des études l’ont parfois décrite ou y ont fait allusion, mais il n’y avait jamais eu jusqu’alors de recherche approfondie ou systématique sur le sujet. Par ce travail qui réunit un grand nombre de données issues de textes poétiques, théologiques, coraniques, historiques, juridiques et littéraires, Khaled El-Rouayheb comble une importante lacune de notre savoir sur l’érotisme masculin dans le monde arabo-islamique à l’aube de notre modernité ».
    DAVID M. HALPERIN Auteur de Cent ans d’homosexualité.

    « Le livre de Khaled El-Rouayheb est un très utile correctif aux interprétations de ceux qui ont ignoré, mal compris ou dénaturé les rapports de l’Islam prémoderne à l’homoérotisme. C’est de plus une contribution bienvenue à l’étude d’une période de l’histoire de la littérature arabe qui n’a pas toujours fait l’objet de suffisamment de recherches. C’est un travail éminemment recommandable, impudique, provocant et sérieux ».
    GEERT JAN VAN GELDER Professeur d’arabe émérite à l’université d’Oxford
  • Pour concevoir les aphasies - Une étude critiqueSigmund Freud, Fernand Cambon, Fernand Cambon
    En 1891, Freud publie son premier ouvrage sur la nature des troubles liés à la parole qu’on nommait du terme général d’« aphasies ». Il intervient ainsi au cœur d’un débat alors fort vif (près de 2300 publications sur la question en vingt ans). Ses qualités de lecteur critique – qu’on retrouve dans le premier chapitre de L’interprétation du rêve écrit neuf ans plus tard – y sont déjà patentes puisqu’il étudie dans leurs détails les contradictions des conceptions dominantes, non pour en imposer une nouvelle, mais pour dégager la problématique présente dans cette complexité théorico-clinique.
    Ce texte est rangé depuis longtemps dans les œuvres dites « pré-psychanalytiques » de Freud. Cette vérité chronologique (on date classiquement la naissance de la psychanalyse d’une lettre à Fliess fameuse de 1897) est d’une certaine façon trompeuse dans la mesure où Freud y façonne une théorie de l’« appareil à langage » qu’on retrouvera, dans ses grandes lignes, à tous les moments clefs de ses élaborations ultérieures. Lire cet ouvrage, c’est donc s’ouvrir à certains éléments décisifs du savoir freudien pris ici in statu nascendi, tout en se donnant la possibilité d’apprécier la rigueur de raisonnement que Freud sait appliquer aux indispensables données cliniques, qu’il parcourt inlassablement sans s’en contenter. Jamais réédité pendant un siècle, ce texte a fait l’objet d’une édition critique pour son centenaire en 1992. À cette occasion, Paul Vogel (puis, à son décès, Ingeborg Meyer-Palmedo) a entrepris de passer au peigne fin les nombreuses citations données par Freud aussi bien en allemand qu’en anglais ou en français, les trois langues où s’exprimaient la plupart des auteurs, tout en se souciant de donner ça et là quelques éclaircissements sur des passages devenus par trop allusifs avec le temps. Ceci nous vaut des « notes de l’éditeur » (NDE) qui viennent s’ajouter aux notes de Freud (NF).
    Une première traduction du texte de 1891 avait été donnée en 1983 par les PUF, due à Claude Van Reeth, avec une préface de Roland Khun. La nouvelle traduction proposée par les éditions Épel est due à Fernand Cambon. Elle prend appui sur l’édition critique de 1992, ce qui permet d’y intégrer, non seulement l’appareil critique de cette édition complétée de nouvelles « notes du traducteur » (NDT), mais aussi la remarquable étude de Wolfgang Leuschner, ici en postface, qui jette une vive lumière sur les aspects les plus techniques de l’ouvrage.
  • Toute histoire est histoire d'une pensée - Autobiographie d'un philosophe archéologueGuy Le Gaufey, Guy Le Gaufey, Robin George Collingwood
    Robin George Collingwood est peu connu du public français, alors qu’il fait depuis longtemps partie des classiques dans le monde anglo-saxon. Professeur de philosophie dans l’un des Colleges les plus réputés d’Oxford, il s’est révélé dans le même temps l’un des maîtres de l’histoire de la Roman Britain, cette Angleterre occupée pendant des siècles par Rome.
    D’un côté, il se trouvait donc enseigner la philosophie aussi bien ancienne que moderne ; de l’autre, il menait des fouilles pour construire un savoir historique cohérent sur une époque où les données textuelles sont plus que rares.
    Ce double mouvement l’a amené à des réflexions sur la nature de la tâche historienne qu’il n’a guère livrées que vers la fin de sa vie (relativement brève : il meurt en 1943, à cinquante quatre ans). Ainsi publie-t-il d’abord des ouvrages sur l’art, la religion, l’histoire de la philosophe, avant de se lancer dans des éclaircissements sur sa conception de l’histoire dans lesquels il stigmatise ce qu’il appelle « l’histoire ciseaux-pot-de-colle », désignant par là ces historiens qui ne connaissent que leurs « sources » textuelles, qu’ils découpent et recollent à leur guise.
    Le travail de l’archéologue, remarque-t-il, ne consiste pas à creuser là où il pense qu’il y a quelque chose à trouver, mais à se poser des questions à partir de son savoir lacunaire, et à chercher ce qui lui manque pour arriver à un minimum de consistance rationnelle. Collingwood part donc de l’idée qu’on ne trouve, pour peu qu’on soit chanceux, que ce qu’on cherche, quitte à ce que d’heureuses surprises viennent troubler ce plan de base.
    En philosophe, il généralise les leçons de cet apprentissage pour considérer qu’une proposition, quelle qu’elle soit, n’a de sens que relativement à la question, au problème, à l’aporie qu’elle entend solutionner. Ce qui revient à privilégier l’histoire dans l’étude même de la philosophie puisqu’un énoncé ne sera désormais reçu qu’au prix d’avoir été ramené, non seulement à son « contexte », mais aussi à ce qui depuis longtemps risque de s’être complètement dissipé et qu’il faut donc reconstruire, à savoir la question à laquelle il doit le jour.
    Dans cette Autobiographie, qu’il écrit rapidement en sachant que les années lui sont comptées, il livre, sous une forme libre et souvent drôle, les étapes de sa vie intellectuelle qui l’ont conduit de l’Oxford realism de sa jeunesse (devenue sa bête noire dès l’âge mur) à une vision de l’historien qui alimente encore aujourd’hui de nombreux débats en langue anglaise.
  • Quid pro quo n°5Marie-Hélène Devoisin / , Laurent Cornaz, Hyacintha Lofé
    Marie-Hélène Devoisin, MLF : L'invention au XXe siècle d'une homologia parrêsia côté femmes,
    pour Chaque une plurielle autant que mille, Générations MLF 1968-2008

    Laurent Cornaz, Dupe d'un nom,
    pour Jean-Claude Milner, L'Arrogance du présent, Regards sur la décennie 1965-1975

    Hyacintha Lofé, Les objets, vous dis-je !,
    pour Tobie Nathan, À qui j'appartiens ? Écrits sur la psychothérapie, sur la guerre et sur la paix

    Le numéro 5 de la revue Quid pro quo vient de paraître. Il comporte trois petits livres. Le premier porte sur l’ouvrage collectif Génération MLF 1968-2008. Ce Mouvement passe, le plus souvent encore aujourd’hui, pour l’incarnation du féminisme. Croisant une version de la psychanalyse, la parrêsia antique dont Michel Foucault fit grand cas, et de multiples références, Marie-Hélène Devoisin montre dans un texte aux allures de Manifeste, qu’il n’en est rien.

    Il y a quelques années de cela, le linguiste Jean-claude Milner se demandait tranquillement si il existait encore une vie intellectuelle en France. La réponse était dans la question. À l’occasion de son dernier livre, lecture peu commune de ce que fut l’aventure de la Gauche prolétarienne à laquelle il appartint, son signataire se demande si ce livre peut être tenu pour le dernier volet d’un triptyque, avec deux de ses livres antérieurs, Les Penchants criminels de l’Europe démocratique (2003) et Le Juif de savoir (2006). Dans une lecture qui déborde aussi ces trois livres, relisant Milner, Laurent Cornaz prend la balle au bond, interrogeant le statut de L’avenir… Une inattendue figure émerge de cette lecture critique.

    De son côté, Hyacintha Lofé se saisit de la publication du livre de Tobie Nathan, À qui j’appartiens ? pour revisiter le parcours de T. Nathan au-delà de ces vingt dernières années, sa proximité puis finalement sa rupture d’avec la psychanalyse. Qu’en est-il de son prolongement de "l’éthnopsychiatrie" proposée par son maître Georges Devereux, avec qui finalement il rompit un samedi soir de 1981… Pour une Autre appartenance.

    Ces trois essais montrent aussi, selon des voies multiples, comment la psychanalyse, si présente aujourd’hui dans la culture, n’en réduit pas pour autant le malaise ; faisant l’objet de refus pas toujours bruyants.
  • La théorie des noms propres - Essai polémiqueAlan Gardiner, Dimitri Kijek, Dimitri Kijek
    Les noms propres ne sont-ils que des marques dénuées de sens apposées sur les choses pour les différencier les unes des autres, comme le soutenait Stuart Mill ? Et faut-il y voir, comme le pensaient déjà les Grecs, la forme la plus authentique de la nomination ?
    Comme le diable, l’essentiel est dans les détails. Un nom collectif (les Durand) est-il un nom propre ? Comment certains noms propres (Poubelle) deviennent-ils des noms communs ? Pourquoi Brassica rapa est-il bien plus un nom propre que son équivalent vulgaire navet ? Pourquoi soleil est-il un nom commun alors que Sirius est un nom propre ?
    Savant, riche d’exemples étudiés avec soin, cet essai est en même temps volontairement polémique. La théorie du nom propre est vouée à rester une source vive de conflits et d’avancées nouvelles, dont témoignent l’opposition violente de Gardiner à Russell, l’usage qu’en fait Lacan dans sa construction du signifiant, ou encore la sémantique des mondes possibles de Kripke.

    EXTRAIT. Par contre, cela devient une question d’opinion personnelle, ou plutôt d’intuition linguistique, s’il faut décider d’accorder ou non le statut de nom propre à des des entités comme une Ford ou un Panama. C’est la présence de la majuscule qui indiquera en fait la solution choisie à ce sujet par les philologues et les typographes. Il est inévitable qu’il y ait des hésitations et des désaccords pour départager les mots qui sont des noms propres de ceux qui ne le sont pas. Nous avons donc été conduits à opter pour une conception en harmonie avec le point de vue des Grecs, selon laquelle un nom propre est simplement un nom plus authentique (κύριον) que les autres. Pour ma part, j’aurais préféré employer une autre métaphore, et dire que les noms propres le sont avec plus de pureté que tout autre mot, puisqu’en eux brillent le processus et le but de la nomination comme un métal sans alliage, alors que pour la majorité des mots, ce processus et ce but sont ternis et souillés par une adjonction de sens, ou par le succès imparfait de la nomination.

  • Surveiller et jouir - Anthropologie politique du sexeGayle Rubin, Rostom Mesli
    Gayle Rubin est une légende vivante des études sur la sexualité et de la queer theory. Le Marché aux femmes, qu’elle écrivit lorsqu’elle était étudiante de premier cycle, devint très vite l’article d’anthropologie sociale le plus cité ; on considère qu’il a fondé les champs de la théorie féministe et des études de genre, et qu’il est à la base de tous les travaux ultérieurs sur la construction sociale du genre. En fait, Rubin semble avoir été la première anthropologue féministe à employer le mot de « gender » dans un texte imprimé. À « Penser le sexe », autre article qu’elle écrivit dix ans plus tard, on attribue la fondation des études sur la sexualité, des études gaies et lesbiennes, et de la queer theory.
    Au cœur de cette théorie, l’idée que voici : ce qui, dans nos sociétés, passe pour la morale sexuelle dissimule l’opération sous-jacente d’un système illégitime de stratification sexuelle que l’on accepte sans l’interroger ; cette morale sexuelle recouvre une façon d’organiser la vie sexuelle en fonction d’une hiérarchie de privilèges et de prestige qui veut que certaines formes de comportement sexuel soient approuvées et promues comme allant de soi, tandis que les autres, aussi bien que les personnes qui les pratiquent, sont considérées comme problématiques, mauvaises, inacceptables, et sont non seulement critiquées, mais aussi persécutées, pénalisées et vouées à l’élimination au nom de l’hygiène morale et sociale.
    Au cours des trois dernières décennies, Rubin s’est aussi consacrée à l’écriture d’une histoire, monumentale et minutieuse, de l’émergence et de la formation, aux États-Unis, d’une subculture sexuelle spécifique qui n’avait jamais été étudiée par un anthropologue de métier ; à savoir les communautés gaies dites « cuir ». Ce travail est passé par la description et l’analyse des identités sociales (et pas seulement des pratiques sexuelles) produites par les homosexuels sadomasochistes. Le contexte politique plus large dans lequel elle a œuvré s’opposait parfois violemment à son approche, laquelle envisageait les différences de pratiques sexuelles d’un individu à l’autre comme de bénignes variations du comportement humain.
    Extraits de la préface de David Halperin et Rostom Mesli « Notre amie Gayle Rubin ».

    Ouvrage également disponible sous format électronique chez Eden Livres ou chez votre revendeur habituel au prix de 14,99 €.

  • Une femme sans au-delà - L'Ingérence divine IIIJean Allouch

    Elles étaient des filles des villes, des cocottes, des grues, des poules, des mannequins dans des vitrines, des prostituées. Elle est, elle, la fille des champs, celle dont l’approche l’éveille, l’unique ; elle est « une femme en elle-même, et sans au-delà ». De quel amour le jeune philosophe Ferdinand Alquié l’aura-t-il aimé ? Jacques Lacan s’emploie à réduire sa hantise d’elle : il fait parvenir à son ami, au loin parti près d’elle, une fort émouvante lettre, à laquelle il joint le seul poème qu’il ait jamais écrit.

    Unique, Ariane ne l’est pas moins dans son accouplement avec Dionysos. Nietzsche en dessine le portrait : libre, elle sait y faire avec son fil, dompter la jouissance en excès dont souffre son amant ; elle en reçoit le don dans sa chair, elle l’apaise ; elle le sait, ce bourreau est aussi un mendiant qu’elle accueille en s’en faisant, femme sans au-delà, la prisonnière. Ainsi l’aime-t-elle. On en trouvera ici une nouvelle confirmation : il n’est de casuistique psychanalytique que celle, innovante, jamais stabilisée, et qui, pour cette raison même, invite l’exercice de l’analyse à se transformer afin d’être, lui aussi, de son temps – celui où la mort de Dieu et des dieux rend possible une reconfiguration de l’érotique.

    Cet ouvrage est le dernier volet de L'Ingérence divine, trilogie aussi formée de Prisonniers du grand Autre et de Schreber théologien.

    Il est également disponible sous format électronique chez Eden Livres ou chez votre revendeur habituel.

  • Rubin dans Têtu
  • La Madone à la fourrureLeopold von Sacher-Masoch, Vianney Piveteau
    On a jusqu’à présent largement promu la Vénus à la fourrure et négligé la Madone. Du même pas, on a revêtu Sacher-Masoch des habits prêt-à-porter du masochisme fabriqués dans les ateliers de la Psychopathia sexualis.
    Romance kitsch d’une difficile et heureuse conquête amoureuse, mais aussi et indissociablement essai de philosophie morale, La Madone à la fourrure balaie ces considérations : le mariage moderne dissipe le masochisme comme la chaleur estivale la rosée du matin…
    En postface, Jean Allouch et Vianney Piveteau reprennent la question du masochisme au point où l’avaient portée Gilles Deleuze et Jacques Lacan en 1967.

    Texte intégral. Traduit de l’allemand et annoté par Vianney Piveteau.
  • Quid pro quo n°6Françoise Dezoncle, Marie-Claude Thomas, Laurent Cornaz, Guy Casadamont
    Françoise Dezoncle, Unfair
    pour Michel ONFRAY, Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne

    Marie-Claude Thomas, Ballet autour de Freud via Kelsen
    pour Étienne BALIBAR, Freud et Kelsen, 1922. L'invention du surmoi

    Laurent Cornaz, Éros, sexé. Autopsie du mythe freudo-lacanien de l'analyse originelle
    pour Lydia MARINELLI et Andreas MEYER, Rêver avec Freud. L'histoire collective de L'interprétation du rêve
    et pour Jean Allouch, L'amour Lacan

    Guy Casadamont, Homonymie Monroe - Marylin
    pour Michel SCHNEIDER, Marylin dernières séances
  • SexthétiqueLeo Bersani
    Le sexe peut-il nous rendre heureux ? Posée par Freud dans Malaise dans la civilisation, cette question fut au départ des réflexions de Leo Bersani sur la sexualité, la psychanalyse et l'art.
    Dans ses travaux antérieurs (Baudelaire et Freud, Théorie et violence), Leo Bersani soulignait, après Freud et Lacan, l'affinité de la sexualité avec l'agressivité et la pulsion de mort plutôt qu'avec le bonheur. Il précise ici sa résistance à ce qu’il a critiqué, dans la théorie queer, comme la foi en un bonheur sexuel enfin libéré des impératifs de la normativité hétérosexuelle et (mariage gai aidant) homosexuelle.
    Par son appel à de « nouveaux modes relationnels », Foucault a suscité chez Leo Bersani un nouveau point de départ, qu’oriente une subjectivité en correspondance sensuelle avec le monde : non plus le désir, mais le plaisir de tracer des mouvements, psychiques aussi bien que physiques.
    Ce sont là les formalisations d'un sujet esthétique et, partant, d'une nouvelle éthique.
  • Camille Claudel. Réenchantement de l'½uvreDanièle Arnoux
    Sacrifiée par l'artiste puis oubliée avec elle, l'½uvre de Camille Claudel a failli disparaître. Interprétée comme un récit tragique de sa vie, elle a resurgi à la fin du XXe siècle. La compassion pour la femme victime et folle s'est alors mêlée à l'admiration, opacifiant l'appréciation de l'½uvre.

    Comment, au XXIe siècle, légende et histoire ont-elles pu se confronter, se succéder, cohabiter, pour finir par donner aujourd'hui sa place à l'artiste ? Littérature, psychanalyse, sociologie et histoire de l'art permettent à Danielle Arnoux d’éclairer ce réenchantement.

    Les gourmands du détail apprécieront de découvrir quelles furent les sculptures de Camille Claudel exposées en Italie en 1911.

  • L'objet a - Approches de l'invention de LacanGuy Le Gaufey
    L’objet a de Lacan est aussi célèbre qu’ignoré dans sa teneur. D’où vient-il ? Guy Le Gaufey suit d’abord les conditions textuelles et conceptuelles de son émergence au fil des séminaires. Le mystère n’est pas pour autant levé.

    Relique, zéro algébrique, point de fuite perspectif, objet de l’hypnose… sont appelés à la rescousse. Tel l’objet a, chacun participe d’un ordre qu’il subvertit, en bouleversant la consistance de l’ensemble où il opère. Cette stratégie indirecte tout à la fois respecte et éclaire l’impossibilité d’une définition canonique de cet objet que Lacan a pu présenter comme son invention.

  • Lacan - La ScènePatrick Chambon
    Patrick Chambon dessine la voix de Lacan : ses tons, ses intensités, ses silences, son rythme.

    Voici comme une porte ouverte à tous ceux, nombreux, qui n’ont pas assisté au séminaire de Lacan et qui entrevoient cependant que quelque chose se perd à la seule lecture des diverses transcriptions de ses propos.

    Visualiser une si singulière énonciation, on ne pensait pas cela réalisable, on n’en envisageait même pas la possibilité. Cent soixante-seize pages d'un noir et blanc somptueux.

  • Prisonniers du grand Autre - L'ingérence divine IJean Allouch
    Cet ouvrage est le premier d'une série de trois, conçus comme autant de colis que l’auteur adresse aux prisonniers de Dieu, prenant ainsi le relais d’un père qui, durant la Seconde Guerre mondiale, s’employait à adresser des vivres aux soldats français originaires du village méridional qu’il habitait et captifs de l’armée allemande.
    L’ingérence divine I prend acte de ce qu’en dépit de l’annonce nietzschéenne de sa mort, Dieu, ou plus exactement ses fantômes, hantent encore les esprits, investissent les corps. Plusieurs livres en témoignent, que l’auteur questionne, non sans en retour se laisser enseigner par eux.
    Certains d’entre eux s’emploient à redonner sa place au Dieu du christianisme en faisant fond sur l’annonce de la mort de Dieu comme pour mieux en renverser l’incidence (Jean-Luc Marion, avec L’Idole et la distance, Bernard Sichère avec L’Être et le Divin) ; à l’opposé, d’autres tentent d’en finir avec Dieu et ses ombres (Jean-Christophe Bailly, avec son Adieu. Essai sur la mort des dieux) ; d’autres, enfin, font état d’une tension critique cependant jugée inéliminable dans le rapport de chacun à Dieu (Pier Paolo Pasolini, avec Théorème, le film et le livre, Romeo Castellucci, récemment au théâtre).
    C’est à ce dernier courant que peuvent être rattachés les séminaires et les écrits de Jacques Lacan. Son voisinage avec le catholicisme n’a jusqu’à présent jamais été envisagé en lui-même. Se pourrait-il que certains de ses concepts en soient marqués au point d’en restreindre la portée ? D’être porteurs d’équivoques ? De devoir s’en passer ? Ainsi par exemple, la banalisation actuelle du concept de grand Autre ne tient-elle pas au fait que ce grand Autre reste une figure de Dieu ? Claude Lévi-Strauss et d’autres avec lui le pensaient.
    Optant cette fois pour une démarche différente de celle mise en œuvre dans L’Amour Lacan (2009), Jean Allouch revisite ces concepts à partir de diverses problématisations contemporaines de la mort de ce Dieu qui, disait Lacan, « n’a pas encore fait son exit ».
    Cet ouvrage est le premier volet de L'Ingérence divine, trilogie aussi formée de Schreber théologien et d’Une Femme sans au-delà.

    Ouvrage également disponible sous format électronique chez Eden Livres ou chez votre revendeur habituel.

  • Mascarades masculines - Genre, corps et voix dans l'Antiquité gréco-romaineNadine Picard, Sandra Boehringer, Maud Gleason, Florence Dupont
    Comment influencer et séduire un public ? Comment emporter l’adhésion des foules, conclure un discours sous un tonnerre d’applaudissements ? En Grèce et à Rome, on s’exerce aux techniques de la rhétorique et aux subtilités de la langue, mais ce n’est qu’un aspect des exigences de l’art oratoire : pour convaincre, émouvoir, charmer, il faut un corps et, surtout, il faut une voix.
    Une voix profonde et masculine ? Pas forcément. Maud Gleason nous guide dans les assemblées, les tribunaux, les places publiques où officient les orateurs sophistes du monde gréco-romain. On y croise les stars de l’époque : Favorinus, à la voix chantante et à l’élégance féminine, fait vibrer aussi bien les hommes que les femmes ; Polémon, homme politique et déclamateur à la virilité affichée, « lit les visages » grâce à ses talents de physiognomoniste et débusque les efféminés qui s’ignorent comme ceux qui s’avancent masqués.
    Mascarades masculines dresse une cartographie des systèmes de genre à la fin de la République et sous l’Empire : point d’identité de sexe naturelle, mais des corps et des voix construits, travaillés, formés, qui révèlent des logiques érotiques et sexuées fort différentes des nôtres.
  • Schreber théologien - L'ingérence divine IIJean Allouch
    Les Mémoires de Daniel Paul Schreber ont donné lieu à tant de commentaires psychiatriques et psychanalytiques que, cent ans après, cette foultitude a fini par frapper les esprits. Chacun voit midi à sa porte, tous reposent sur un a priori qu’un humoriste a su distinguer en notant que l’on dénomme « prière » le fait de s’adresser à Dieu, tandis que lorsque Dieu s’adresse à quelqu’un cela s’appelle « schizophrénie ».
    Plus récemment, une lecture anthropologisante a vu le jour. Il n’empêche, on n’a toujours pas lu ce texte de la façon dont Schreber souhaitait qu’il soit accueilli : comme l’avènement d’une vérité théologique dont l’importance n’est pas moindre que celle qu’a provoqué la venue du Christ en ce bas monde.
    Étroitement liée à l’expérience de martyre de son auteur, la théologie schrébérienne reconfigure les rapports de Dieu et de l’érotique en mettant celle-ci au service de celui-là. L’érotique s’en trouve dégagée du carcan hétérosexuel reproductif où elle végétait, ce que Dieu accrédite, car son existence désormais en dépend.
    Mission accomplie, Schreber sort de dix-huit années d’emprise psychiatrique, reconnu apaisé et libre de mener sa vie comme il l’entend.
    Béatitude, volupté, jouissance sont ici les termes clés qui, loin de se laisser ranger dans les variétés lacaniennes de la jouissance, lui font concurrence. C’est bien plutôt sur un autre point que Schreber croise Lacan, celui du rapport sexuel qu’il n’y a pas, déclarait Lacan, tandis que, tant par son expérience que dans sa pensée, Schreber atteste le caractère décidément peu assuré de cet « il n’y a pas ».
  • Défaire le nom - Passe, nomination, nom propreDimitri Kijek
    Quoi de plus commun qu’un nom propre ? Et pourtant, dès qu’il s’agit d’en saisir la logique ou même d’en changer, il cesse d’aller de soi. Jacques Lacan fut l’un des rares à faire du nom propre une question pour la psychanalyse en revisitant les œuvres de B. Russell, J. S. Mill, A. Gardiner, G. Frege et R. Carnap. Ces références, et l’usage qu’il en fit tout au long de ses séminaires, sont ici étudiées dans leur cohérence et leurs difficultés.
    Ainsi verra-t-on comment, dans le fil d’une analyse, peut se défaire l’identification imaginaire d’un sujet à son nom propre. Ce qui porte à conséquence quant à la prétention des sociétés de psychanalyse à décerner des titres.

  • Étant donné L'Amour Lacan - Sous la direction d'Émilie BerrebiÉmilie Berrebi, Émilie Berrebi, Guy Casadamont, Graciela Graham, Annie Guillon-Lévy, Jacques Lebrun, Gloria Leff, Guy Le Gaufey, Sophie Loizeau, George-Henri Melenotte, Rafael Omar Perez, Jean-Louis Sous
    L’Amour Lacan de Jean Allouch (Epel, 2009) a été le thème du colloque de l’École lacanienne de psychanalyse, tenu à Paris en juin 2012. Cet ouvrage a suscité propos et débats relatifs à plusieurs registres : histoire des idées, mystique, clinique analytique et esthétique.
    La diversité des interventions met en relief la multiplicité des questions abordées par J. Allouch, en développant certains points laissés en suspens et en portant un regard critique sur ses élaborations qui visaient à construire cette étrange figure : l’amour Lacan.
  • L'impossible homosexuel - Huit essais de théorie queerLee Edelman, David Halperin, Guy Le Gaufey
    Candidat à l’intégration sociale, l’homosexuel est devenu une figure du possible, un personnage respectueux et respectable, un citoyen normal. Lee Edelman fait bien plutôt valoir que, paria politique et social, emblème du gaspillage, de la non-productivité et du non-sens, l’homosexuel est nécessairement et fatalement impossible.
    En présentifiant ainsi et pour tous l’impossibilité comme telle, il subvertit le privilège jusque-là réservé à l’hétérosexualité de s’ignorer elle-même.
    L’œuvre d’Edelman a suscité la colère d’une droite homophobe tout autant que celle d’une gauche bien-pensante.
  • Hiatus sexualis - Du non-rapport sexuel selon LacanGuy Le Gaufey
    L’évidence de la différence sexuelle présente quelque chose de révoltant pour l’esprit : comment deux êtres si semblables peuvent-ils être si dissemblables ? Et la conjonction occasionnelle de ces deux-là dans l’acte qui les fait tout à la fois s’unir et se heurter n’annule pas l’écart.
    Une fois bien ou mal effectué ledit rapprochement, chacun des partenaires peut ressentir comme un lointain écho de la forte parole de Maxime le Confesseur : « Car l’union, en écartant la séparation, n’a point porté atteinte à la différence ». À quoi revient alors de voir dans cette différence, non plus le gond qui ferait l’un porte, l’autre chambranle, mais un hiatus irréductible, un bâillement sans commissures, une solution de continuité sans appel : « Il n’y a pas de rapport sexuel » ?
  • La Dette symbolique - Thérapies traditionnelles et psychanalyseCharles-Henry Pradelles de Latour
    À quoi tient l’efficience du guérisseur africain, du chaman amérindien et sibérien, du culte de possession au Sahel ? Charles-Henry Pradelles de Latour montre comment la castration, telle que Jacques Lacan la théorise, est l’opérateur des thérapies traditionnelles. Elle substitue une forme de discours à une autre, fait passer d’un état conflictuel pathogène à un état apaisé. Guérir, c’est changer de discours. Les croyances détachées de leur état subjectif sont des formes sans substance, les états subjectifs sans expression discursive sont sans résonance sociale. Ainsi s’éclaire, de manière inédite en anthropologie, aussi bien ce qui sous-tend les thérapies traditionnelles que la cure analytique.
    Charles-Henry Pradelles de Latour est ethnologue africaniste, directeur de recherche émérite du CNRS, et psychanalyste.
  • Genèses de l'autisme - Freud, Bleuler, KannerMarie-Claude Thomas
    Le nom « autisme », reçu comme une évidence, désigne depuis plus d’un demi-siècle une forme extrême de maladie mentale. Pour autant, sait-on dans quels champs de savoirs il a été forgé, à travers quels débats, quels conflits, quels emprunts ? Marie-Claude Thomas débrouille ici l’écheveau textuel où se lit comment Bleuler a réduit l’auto-érotisme de Freud en autisme. Sa « pensée autistique » décrivait un esprit livré à la fantaisie, au rêve, à la poésie : présente chez tout un chacun, elle envahissait la vie du schizophrène. On la retrouve au fondement même de la psychologie de l’enfant, notamment chez Piaget. Trente ans plus tard, sur un autre continent, un médecin lancé dans la toute jeune psychiatrie infantile rencontre quelques enfants mutiques, enfoncés dans une « seulitude » qui semble les couper de toute affectivité. Il les baptise d’un mot dont l’emploi restait jusque-là plutôt mineur : « autistes ». Le syndrome de Kanner était né.

    EXTRAIT. Le projet de diagnostiquer le présent dans une perspective de généalogie foucaldienne conduit à rendre visible ce qui est visible : « De faire apparaître ce qui est si proche, si immédiat, ce qui est si intimement lié à nous- mêmes qu’à cause de cela, nous ne le percevons pas », c’est-à-dire voir, enfin, ce que nous voyons, cet aspect du visible particulièrement médiatique et... contagieux. Il y a en effet à s’interroger sur l’aspect « contagion » remarqué par Kanner lui-même, l’aspect épidémie, dont la valeur quantitative des enquêtes sur les « cohortes », comme disent les textes des épidémiologues, masque la valeur qualitative. On repère des épidémies virales ou infectieuses, mais on repère aussi des épidémies de suicides, de conversions... et de conversions religieuses, bref des « épidémies d’esprit », comme disait Jean-Jacques Rousseau. Quelle est la valeur qualitative de l’autismépidémie ? Est-il possible de trouver le ton juste pour dire les marges qui font le nom autisme ? Peut-être... En revanche, il est peu probable que l’on trouve les mots justes, des mots nouveaux pour dire ce nom par lequel s’engouffrent des nœuds en souffrance, différents, multiples, singuliers qui sont formatés, protocolarisés en Un, Un nom autisme, officiel. S’il est de la responsabilité du psychanalyste de ne pas prendre des vessies pour des lanternes, il lui revient alors de ne pas réduire ces nœuds en souffrance à ce qui en est Un-stitué. Enfin, ces mots justes et nouveaux, peut- être même faut-il se refuser à les trouver et faire en sorte/attendre que des enfants dits autistes veuillent bien, par hasard, les lancer à nos oreilles. Cela arrive.

  • Spy 2014 - revue de l'école lacanienne de psychanalyse
    Annuelle, la revue Spy – dont c’est le deuxième numéro – prend son titre de l’accent mis sur la dimension spirituelle des objets de l’analyse. Dimension sensible au champ freudien dans les formations de l’inconscient, et aussi bien selon Lacan dans ce « quelque chose » qu’il isola sous le terme de signifiant. Michel Foucault adressa explicitement la question à la psychanalyse de savoir si elle n’avait pas perdu le tranchant qui caractérisait la spiritualité dans les écoles de philosophie antique.

    En manière d’exercice spirituel, ce numéro de Spy renoue notamment avec l’inspiration qualifiée de « remède de cheval » annoncée (mais non tenue) par Jacques Lacan, consistant à pratiquer le non-signé des articles publiés dans la revue de l’École freudienne de Paris qu’il fonda : Scilicet. Revue publiée par les éditions de l’École lacanienne de psychanalyse, à une exception près, ce numéro de Spy est sans signatures.

    Sommaire
    Non-identification
    Négligence de la spiritualité
    Après la révolution, le soulèvement
    Lettre à David Halperin
    La réponse de David Halperin
    Je joue, pas-je pense
    Transmour, télépathie
    Pierre Rivière, Divinus Deus
    Le « Moïse de Michel-Ange », une écriture cinétique de ***

    ISSN : 2269-0247

    Numéro également disponible sous format électronique chez Eden Livres ou chez votre revendeur habituel au prix de 14,99 €.

  • Zone frère - Une clinique du déplacementPatricia Janody
    " J'aurais cette prétention : écrire ici quelque chose à propos de mon frère, car c'est déjà, si peu que ce soit, ébrécher ce discours qui réduit chaque fou à son étiquette diagnostique et qui, sans vergogne, se démultiplie frénétiquement. "
    Psychiatre, Patricia Janody est sollicitée par Hamidou et Hawa au sujet de leur frère enfermé dans la maison familiale, en Mauritanie. La sorte de journal qu'elle se met à tenir et le voyage qu'elle entreprend avec eux font entrer en résonance son expérience professionnelle et son histoire personnelle.
    S'invente ici une écriture, qui mêle étroitement l'intime et la théorie, le proche et le lointain, la chronique et les notations cliniques, et qui interroge, ce faisant, le mythe de fondation de la psychiatrie.
  • Une archéologie de la toute-puissance - D'où vient A barré ?Guy Le Gaufey
    La toute-puissance a mauvaise presse : on l'envisage soit comme pur mirage, soit comme dévoiement d'une surpuissance, alors qu'elle a d'abord été une façon d'affirmer une altérité irréductible.
    Théologique, elle a contribué à établir la liberté de Dieu au-delà  de l'ordre dont il était le garant. Politique, elle a été au fondement de l'absolutisme royal à la française. Juridique, elle s'est immiscée dans l'état d'exception, en plein cœur des systèmes démocratiques. Dans tous les cas, elle repose sur l'existence d'une volonté tenue pour insondable, et donc : toute Autre.
    En destituant l'Autre d'une quelconque qualité subjective, Jacques Lacan a creusé l'espace d'une question inédite au regard de cette tradition : et si le monde de la toute-puissance ne recelait aucun agent ? Ne serait-ce point là  le véritable athéisme ?
  • Un dire atopique - Daniel Paul SchreberCollectif elp

    Colloque organisé par l’École lacanienne les samedi 9 et dimanche 10 novembre 2013 à la Maison de l’Europe de Paris.

    Daniel Paul Schreber, surtout connu grâce à ses Mémoires, est le patient (psychiatrique) le plus célèbre et le plus étudié par… les psychanalystes. D’autres, cependant, ont commenté ce texte, en l’inscrivant dans divers champs : psychiatrie, anthropologie, philosophie, politique, théologie. Son dire aurait-il, aujourd’hui encore, glissé entre les mailles des filets où l’on avait pu estimer l’avoir accueilli ? Leur multiplicité elle-même paraît bien l’indiquer.

    Aucun des écrits publiés depuis des lustres à son propos n’a mis fin à cette sorte d’impérieuse nécessité qui pousse ici et là certains à y revenir encore et encore. Ainsi, et pour s’en tenir à ces dernières années, peut-on mentionner trois ouvrages : Le Fou impur (de Roberto Calasso, en 2000), Schreber Président (collectif, en 2006) et Schreber théologien (de Jean Allouch, en 2013), sans pour autant oublier le film Memoirs of My Nervous Illness, réalisé en 2006 par Julian P. Hobbs et toujours pas distribué en salles (ce colloque sera une première occasion de le visionner).

    Quel statut accorder à ce dire schrébérien jamais tombé dans l’oubli ? Où donc peut-il prendre place ? En existe-t-il même une qui convienne à ce qu’il fait savoir ? Traverse-t-il les disciplines établies au point qu’aucune n’est en mesure de le recevoir en le classant dans une série (de cas, de mémoires, de témoignages, de pensées, etc.) ? Si atopie il y a, qu’indique-t-elle concernant le statut même du dire ? Et, plus en amont encore, les Mémoires vérifient-elles l’assertion : « Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend » (Jacques Lacan, L’étourdit, 1973) ?

  • Margarethe Hilferding - Une femme chez les premiers psychanalystesFrançoise Wilder
    Vienne, 27 avril 1910. Avant Sabina Spielrein et Lou Andreas-Salomé, Margarethe Hilferding est la première femme à entrer dans la Société exclusivement masculine qui se réunit autour de Freud.
    11 janvier 1911. Devant ces Messieurs, elle donne une conférence sur l’enfant comme objet sexuel naturel de la mère, que l’on trouvera ici. « Il est très méritoire, commente Freud sur-le-champ, que la conférencière ait fait entrer dans le domaine de l’analyse psychanalytique un sujet qui, de par le conformisme que nous entretenons, a été maintenu à l’écart de notre champ d’investigation. »
    Et pourtant, Margarethe Hilferding n’apparaît guère dans l’histoire des débuts de la psychanalyse. Juive, première femme médecin à Vienne, elle meurt à Treblinka en 1942. Voici son portrait.
  • L'Art d'être gaiDavid Halperin
    Quels rapports la sexualité entretient-elle avec la culture ?
    Où vont les préférences culturelles des gais ?
    Best-seller dès sa parution aux États-Unis, L'Art d'être gai n'est pas un manuel de savoir-vivre, mais une exploration inédite de l'usage que font les gais de la culture hétérosexuelle dominante. On y découvre les clefs de la subjectivité gaie, les conditions et les pratiques sociales qui la fondent.
    Pourquoi cet amour pour l'opéra et les divas, les feuilletons télévisés, les mélodrames hollywoodiens ?

    Dans cet essai de politique sexuelle du style, David M. Halperin mène l'enquête sur les ressorts de l'esthétique gaie et de son humour décapant.
  • Marais gay, Marais juif - Pour une théorie queer de la communautéDavid Caron, Guy Le Gaufey
    Dans le quartier du Marais cohabitent une communauté juive, constituée au fil des guerres et des pogroms, et une communauté gay depuis l'arrivée du sida.
    Qu'est-ce qui fonde chacune d'entre elles ? Ni des modes de vie établis, ni un projet d'avenir partagé, mais la présence continuée, en creux, d'une catastrophe inaugurale.
    Relues sous cet angles, les œuvres de Guillaume Dustan, Marcel Proust, Robert Antelme, Charlotte Delbo dessinent un concept de communauté incompatible avec le schéma familial archaïque comme avec le principe moderne du contrat : son modèle n'est autre que l'amitié de groupe, bâtie sur un désastre.
  • Nicolas de Staël - Portées d'un acteJean-Louis Sous
    Le 16 mars 1955, après avoir écrit à son ami Jacques Dubourg : " Je n'ai pas la force de parachever mes tableaux ", Nicolas de Staël monte sur la terrasse de son atelier et se précipite dans le vide. Un tel agir participe-t-il lui aussi de l'inachèvement ?
    Jean-Louis Sous convoque ici le tableau Le Grand Concert, mais surtout la correspondance personnelle du peintre, moins pour interpréter un acte suicidaire que pour faire résonner ce qui a pu orchestrer sa réalisation.
  • Lacan 66 - Réception des EcritsDanièle Arnoux, Émilie Berrebi, Monique Boudet, Janine Germond
    Paru en 1966, Ecrits de Jacques Lacan a immédiatement connu un succès éditorial aussi inattendu que guère espéré par leur auteur. De nombreux journaux et revues en rendirent compte de façon parfois élogieuse, d'autres fois vertement critiques. Cinquante années ont passé, Lacan 66 republie aujourd'hui l'ensemble de ces critiques venues d'horizons fort divers. Elles sont dues à

    Didier ANZIEU, Jean-Marie AUZIAS, Catherine BACKES, Louis BEIRNAERT, Yves BERTHERAT, Jacques BROSSE, François CHATELET, Maurice CORVEZ, Jean DESCHAMPS, Dominique DUBARLE, René FALLET, Yvon GAUTHIER, Jean-Pierre GORIN, André JACOB, Jean LACROIX, Pascal LAINE, Georges LANTERI-LAURA, Gilles LAPOUGE, Annette LAVERS, Philippe MALRIEU, Jean-Claude MARGOLIN, Charles MELMAN, Bernard MULDWORF, Jean-François REVEL, Marthe ROBERT, André ROBINET, Lucien SEVE, Marc SLONIM, François VAN LAERE.

    « Chacun de ces écrits semble comme les petits rochers que l'on voit dans les jardins zen » (Jacques Lacan, 21 avril 1971).

    LACAN 66 RECEPTION DES ECRITS. TEXTES CHOISIS ET PRESENTES PAR DANIELLE ARNOUX, EMILIE BERREBI, MONIQUE BOUDET, JANINE GERMOND.
  • L'amour des femmes puissantes - Introduction à la viragophilieNoël Burch
    Ils aiment les femmes puissantes, capables de les dominer en combat singulier, grâce à leurs muscles et à leur science. Une floraison de sites sur l’internet a révélé récemment l’étendue mondiale de cette philia méconnue, qui a eu le temps de générer aux États-Unis une véritable sous-culture, cela dès la Seconde Guerre mondiale. Écrit à la première personne, cet essai transgresse au moins trois tabous : il fait fi de la séparation académique entre la recherche et la vie personnelle, passe allègrement du savoir à la littérature, et se moque du caractère privé (donc prétendument apolitique) de toute préférence érotique. Mais Noël Burch ne se contente pas de revendiquer ici, avec humour, sa viragophilie, il utilise son érudition cinématographique et son intelligence des fantasmes pour élucider la nature de cette forme très particulière d’érotisme, à ne pas confondre avec le sado- masochisme.
  • Le théorème de l'auteur - Logique de la créativitéThierry Marchaisse
    Cet ouvrage touche à diverses disciplines — comme l’histoire des idées, la psychologie de la création, les sciences cognitives, l’esthétique ou l’épistémologie — mais n’en relève pas. Il introduit à un domaine spécifique, qui est celui des actes créateurs, de leurs effets et des différentes places, fonctions et opérations qui leurs correspondent logiquement. Car la créativité constitue un champ connaissable et théorisable en principe, mais à condition de renoncer aux phantasmes jumeaux de l’originaire et du suprême, c’est-à-dire de commencer par admettre qu’il n’existe pas d’actes créateurs ultimes, qu’ils soient intiaux ou finaux, artistiques ou théoriques.
    Les premiers chapitres ont pour but d’établir la logique de la créativité comme une discipline sui generis, dont l’objet est cet inévitable cocktail d’ancien et de nouveau, de possible et de réel, de continuité et de rupture, qui caractérise toute création. Ils remontent d’abord dans sa préhistoire, puis s’attachent à démêler les préjugés et les problèmes qui en verrouillent l’accès, pour pouvoir ensuite mieux démontrer son théorème fondamental.
    Les chapitres centraux développent ses conséquences critiques et présentent d’autres résultats, qui relient entre elles des œuvres et des questions qui n’ont apparemment rien à voir. Car certains actes créateurs ont beau être séparés par des millénaires, ou des abîmes épistémologiques, ils n’en demeurent pas moins structurellement liés. On verra ainsi, par exemple, que l’acte mathématique de redémontrer un théorème est strictement corrélé avec l’absence de progrès en art, ou que des œuvres de nature, d’échelle, de style très hétérogènes, peuvent cependant relever de la même « géométrie fine ».
    Enfin, les derniers chapitres examinent le type de systèmes auxquels appartient la logique de la créativité et explorent ses limites.
  • Oscar Wilde - Aimer jusqu'à déchoirRodolfo Marcos-Turnbull
    Novembre1900: ce clochard qui mendie aux terrasses des cafés parisiens n’est autre que le célèbre écrivain irlandais dont les pièces étaient encore jouées avec succès à Londres voilà à peine deux ans.
    Le procès pour mœurs qui venait de conduire Oscar Wilde dans la geôle de Reading n’explique pas tout. Rodolfo Marcos-Turnbull montre à quel point Wilde ne pouvait renoncer, quel qu’en fût le prix, à sa quête amoureuse de la Beauté rencontrée en Bosie, Lord Alfred Douglas.
    Au fil d’une lecture minutieuse de l’œuvre, cet ouvrage établit qu’une seule et même raison rend compte du succès littéraire et de la marche forcée vers la déchéance.
  • L'AutresexeJean Allouch
    Freud avait posé les préliminaires. Seul, cependant, à énoncer son « Il nya pas de rapport sexuel », Jacques Lacan n’a pu s’y autoriser qu’en distinguant un registre inédit du sexuel, différent de ce que les analystes (lui inclus) avaient jusque-là exploré : complexes, stades, pulsions, fantasmes, phallus, objets partiels, petit a, plus-de-jouir, etc. Là où fait défaut le rapport sexuel, les partenaires sont autant de personnages comme de théâtre d’un Autre inexistant : femme, vierge, hystérique, homme, vir, virgo, dame, bonhomme, bonne femme, auxquels on joindra, avec Michel Foucault, le maître antique, les femmes, le garçon et l’épouse. Rendu présent par leur entremise, c’est à chaque fois de l’Autre pris en corps qu’il s’agit, de l’Autresexe. Réaliser qu’il n’y a avec lui pas de rapport sexuel qui puisse s’écrire relève d’une expérience traumatisante. C’est pourtant là que, selon Lacan, chacun a rendez-vous avec sa liberté.
  • Pas très catholique Lacan ?Jean-Louis Sous
    Dénonciations, reprises, détournements, résurgences, connivences et ricanements... Jacques Lacan n’a cessé d’en découdre avec le catholicisme.
    Exemple : « Sachez que le sens religieux va faire un boom dont vous n’avez aucune espèce d’idée. Parce que la religion, c’est le gîte originel du sens. J’essaie d’aller là contre, pour que la psychanalyse ne soit pas une religion, comme elle y tend, irrésistiblement. »
    À le suivre de près dans ce parcours de toute une vie, Jean-Louis Sous laisse entrevoir un Lacan pas très catholique. Quoique.
  • Revue annuelle, la troisième édition de Spy s’ouvre sur une inattendue déclaration au champ freudien : « L’analyse sera foucaldienne ou ne sera plus ». Il s’agit de faire Lacan rejoindre Foucault. D’autant qu’en ces temps, au non du platonisme, une O.P.A. est menée depuis maintenant plus de deux décennies par le philosophe Alain Badiou afin de tenter d’inclure – de résorber - l’analyse dans « l’éternelle » philosophie. Passe ou passera pas. Ce numéro gravite autour de ces questions et de quelques autres d’où se dessine une figure de… Nietzsche.
  • SPY 2015
    Revue annuelle, la troisième édition de Spy s’ouvre sur une inattendue déclaration au champ freudien : « L’analyse sera foucaldienne ou ne sera plus ». Il s’agit de faire Lacan rejoindre Foucault. D’autant qu’en ces temps, au non du platonisme, une O.P.A. est menée depuis maintenant plus de deux décennies par le philosophe Alain Badiou afin de tenter d’inclure – de résorber - l’analyse dans « l’éternelle » philosophie. Passe ou passera pas. Ce numéro gravite autour de ces questions et de quelques autres d’où se dessine une figure de… Nietzsche.
  • Merde au futur - Théorie queer et pulsion de mortLee Edelman, Marc Démont
    "Croissez et multipliez" : qui oserait aller contre l'appel du futur et de l'Enfant qui l'incarne, tous deux vissés au coeur des arguments des politiques de tous bords ? Lee Edelman ouvre le ban en faisant du queer et du sinthomosexuel (Lacan) ceux qui entravent cette logique futuriste, et ironiquement la démontent. Lus au prisme lacanien, la vie politique américaine, Dickens (Un chant de Noël), Hitchcock (La Mort aux trousses, Les Oiseaux), Baudrillard (La Solution finale), font apparaître cette collusion Enfant-futur pour ce qu'elle est : une ligature entre la fabrique du sens et la reproduction de soi dans l'espèce, pour le plus grand bénéfice des pouvoirs en place.
  • Hors-zone - Une clinique de l'embranchementPatricia Janody
    Lorsque Monsieur O. déclare sa fureur homicide au nom du djihad, il fait aussi vaciller le lieu psychiatrique, là où une attribution de folie individuelle ne se distingue plus d'un affolement du lien social. Mais qui parle alors, qui écrit, et pourquoi ? Une psychiatre mise ici sur les discontinuités de sa mémoire, entre les mots imprévisibles d'un patient et le labyrinthe du délire de sa propre mère. Hors-zone fait suite à Zone frère (Epel, 2014).
  • Les Nouveaux Cahiers pour la folie n°7Patricia Janody
    Les Nouveaux Cahiers pour la folie poursuivent leur navigation avec un septième numéro : Radophonie. Dans une période où tout concourt à faire taire les voix de la folie, et jusque dans les milieux psychiatriques, ils publient des contributions de personnes impliquées dans les différents bords de la folie et, pour certaines, interpellées par leur lecture des précédents numéros.
  • SPY 2016
    Ce quatrième numéro de la revue Spy est placé sous le signe de Nietzsche dont Michel Foucault disait la présence de plus en plus importante ; proche d’elle, l’ombre de Friedrich Hölderlin et un essai de Virginia Woolf. Le tournant foucaldien de l’analyse se confirme supplémenté d’un fragment portant sur le Foucault des Aphrodisia. « L’indispensable non-recours aux catégories psychiatriques » s’inscrit dans le champ de l’analyse comme spiritualité. La cartographie d’un mouvement de passe à L’École lacanienne de psychanalyse est dessinée, avançant la notion d’ « après-passe ». Deux témoignages sur Jacques Lacan viennent clore ce numéro.
  • Article collectif du comité de rédaction
  • Pourquoi y a-t-il de l'excitation sexuelle plutôt que rien ? Jean Allouch
    L’érotique ne se prête pas à être conçue de façon simplement unitaire. Plusieurs l’ont admis et, parmi eux, Platon, Lacan, Foucault, Rubin. On le vérifiera ici sur les deux premiers nommés. Quelle serait donc la raison d’une telle partition ? Sans préjuger d’autres réponses possibles, on présente ici celle que Lacan indiquait, non pas sous la forme d’un discours soutenu, mais par touches successives ici et là dispersées, après qu’a été reconnue l’inexistence du rapport sexuel. Ainsi s’éclaire la question proprement psychanalytique (quoique d’allure philosophique) : pourquoi y a-t-il de l’excitation sexuelle plutôt que rien ?

    Avec Pourquoi y a-t-il de l’excitation sexuelle plutôt que rien ? Jean Allouch prolonge son étude de l’« il n’y a pas de rapport sexuel » (L’Autresexe, Epel, 2015) – formule de Jacques Lacan dont le succès a masqué ce qu’elle comportait d’enjeu. (Thierry Marchaisse)
  • Critique de la raison asilaireDimitri Kijek
    La psychiatrie hospitalière est chaque jour plus dépendante d’exigences qui ne relèvent pas d’elle (financières, institutionnelles, légales), accentuant ainsi les effets délétères des pouvoirs médical et administratif. Dimitri Kijek en démonte les mécanismes pour mieux y résister.
    On entrera avec lui dans le pavillon d’admission d’un grand hôtel psychiatrique, en butte à d’importantes difficultés de fonctionnement. Le récit de l’intervention qu’il y mena deux années durant remplit une fonction critique ; il met au jour les impasses de pratiques théoriques héritées de la médecine du XIXe siècle.
    L’individu psychiatrisé n’est pas partout condamné à cette folie de la norme qui tend à promouvoir une subjectivité préformatée. Il reste possible de la déjouer en mobilisant des outils psychanalytiques, antipsychiatriques et schizo-analytiques.
  • Freud incognito - Danse avec MoïseGeorge-Henri Melenotte
    En extrayant son Moïse du marbre, Michel-Ange savait-il qu’un certain Sigmund Freud allait bien plus tard danser autour ? Il s’ensuivit un article publié incognito, sans que son auteur en ait jamais donné la raison.
    Un détail intéresse tout spécialement Freud : le mouvement de la main droite de la statue, qui la sort de l’immobilité du marbre et dont la trace subsiste dans le cordon de barbe du prophète.
    Ayant élu une sculpture, Freud pouvait-il en rendre compte comme il l’avait fait pour le rêve, le symptôme, le mot d’esprit, par une interprétation d’ordre symbolique ?
    C’est bien plutôt un certain espace que découvre ici George-Henri Melenotte, où se meuvent Freud et Moïse, cet espace entre à propos duquel Lacan avait discrètement fourni de précieuses indications.
  • La scène lacanienne et son cercle magique - Des fous se soulèventJean Allouch
    Libre de s’adresser à la liberté d’autrui, Jacques Lacan le fut, que ce soit dans son exercice de la psychanalyse, ses présentations de malades, son séminaire (la scène lacanienne).
    Ainsi rompit-il avec un prérequis qui maintenait la folie sous l’empire de la nécessité – ce qui devait l’opposer à Henri Ey et le rapprocher de Michel Foucault pour qui la liberté est solidement impliquée dans la notion même de folie, appartient au domaine de son existence.
    Si le soulèvement du fou, celui de l’enfant aussi bien se montrent intraitables, se soustraient à la maîtrise que l’on tente d’exercer sur eux, la raison n’en est-elle pas qu’il en va de leur liberté ?
    Autant en prendre acte.
  • SPY 2017
    Spy 2017 met plus particulièrement à l'épreuve, la transformation de la psychanalyse en spycanalyse, et ce dans le sillage de la Réponse à Michel Foucault  de Jean Allouch.
    Ce cinquième numéro s’ouvre sur un texte posant en titre la question de savoir ce que serait une politique résolument lacanienne. La réponse est freudienne en ce qu’une telle politique serait inconsistante si l’interprétation des rêves venait à être négligée.

    Au sommaire :
    La spycanalyse à l'épreuve
    Que serait une politique résolument lacanienne ?
    Du fillicide dans la culture occidentale
    Les chevaux de Nietzsche
    Sartre, contingence, «Moi décapité»...
    Présentation de la conférence Spy 2016
    Un ethos catholique chez Lacan ?
    «Il est indifférent aux étoiles...» ?
    El mundo de Hoy
    Publication of a text in English by Foucault: A Flat Refusal

  • Les Nouveaux Cahiers pour la Folie n°8Patricia Janody
    Dans une période où tout concourt à faire taire les voix de la folie, et jusque dans les milieux psychiatriques, Les Nouveaux Cahiers pour la Folie publient des contributions de personnes impliquées dans les différents bords de la folie et, pour certaines, interpellées par leur Lecture des précédents numéros.
  • L'affaire Freud-Hirschfeld - Une valse-hésitation avec l'occulteGloria Leff
  • Jacques-Marie Lacan 1901-1932 - BildungsromanJorge Baños Orellana, Annick Allaigre
    Quel enfant, quel jeune homme, quel homme jeune fut Jacques-Marie Lacan ?

    Jorge Baños Orellana tente ici un roman d'ap-prentissage tel que Goethe l’a conçu. À partir d'une masse considérable de documents dispersés ou inédits, il donne voix aux différents acteurs du puzzle fami-lial, social et intellectuel.

    Du grand-père Charles Baudry au beau-frère André Masson, de l'ami Ferdinand Alquié à l'amante Victoria Ocampo, de l’agitateur Georges Bataille au surréaliste Salvador Dali, ceux-là et quelques autres auront, nolens volens, aidé le héros à trouver son chemin.

    L'invention narrative prend des risques cons-tants, s’égaye en scènes savoureuses, évitant ainsi la fadeur des lectures anachroniques et les œillères du rationalisme rétrospectif.

    Comment un neuropsychiatre, tiraillé entre l’hôpital Sainte-Anne et l’Infirmerie de la préfecture de Police, s’est-il métamorphosé en psychanalyste ?

  • L'effet de sens - Eléments de sémiotique lacanienneGuy Le Gaufey
    Pour avoir porté l’accent sur le signifiant, Lacan a-t-il du même pas fondé une nouvelle acception du signe ? On le saura en élucidant le concept d’ « effet de sens », présent ici et là dans quelques séminaires, puis en le faisant jouer au travers d’espaces discursifs parfois fort éloignés de l’analyse. Cela, Freud l’a rendu possible, car l’association d’idées va bien au-delà de la relation thérapeutique où elle est censée s’exercer. Guy Le Gaufey poursuit ici son exploration de cette question pour lui première : Freud et Lacan ont-ils en partage le même « objet » ?
  • Philosophie de la folie (1860) - Réflexion biographique d’un mélancolique sur la folie et son traitement moralJames Frame
    « Une nuit, après des semaines de souffrances épouvantables, désespéré, une horrible pulsion me saisit, m’ordonnant de détruire celle qui, par-dessus tous les êtres vivants, méritait le plus mon amour. Je m’enterrai sous les draps et luttai contre cette pulsion démoniaque jusqu’à ce que le lit se mette à trembler. Mais elle gagnait toujours en force. C’était incontrôlable. J’ai fermé les yeux et baissé la tête, par peur de la voir, et je me suis précipité hors de la maison. Pieds nus et sans vêtements, excepté une chemise de nuit, j’ai couru dans les rues jusqu’au commissariat de police et je les ai implorés de m’enfermer. »

    Et ce fut au Glasgow Royal Asylum for Lunatics at Gartnavel, vu par lui comme un « baraquement pour banditi », que James Frame, l’estomac habité par un esprit malveillant, écrivit ce traité de la folie.

    Un classique de la psychothérapie institutionnelle, notamment chez les Anglo-Saxons, traduit de l’anglais par D. F. Allen, M.-H. Brunel, F. Hercouët, Ch. Tanguy.

  • La psychanalyse n’est pas un mysticismeJean-Louis Sous
    « S’agit-il d’un mysticisme ? » Il n’est pas un seul lecteur attentif de l’œuvre lacanien qui ne se le soit demandé au moins une fois.
    Sainte Thérèse d’Avila en couverture du séminaire Encore, est-ce à bon droit ? Ou bien plutôt la porte ouverte à une méprise ?
    Que va donc chercher Lacan chez les mystiques ? En quoi sentiment océanique, rhétorique de l’abîme, exaltation du désir de Dieu, volonté d’anéantissement, ont-ils contribué à façonner ses propos ?
    Jean-Louis Sous mène ici l’enquête.
  • L'effet schizomètre - Quand l'art brut dégivre la psychopathologieBenoit Vidal
    Schizomètre est le nom que Marco Decorpeliada donnait à ses œuvres, qui ont déjà fait l'objet d'une publication par les éditions Epel en 2010. C'est aussi le nom d'une révolte, celle d’un artiste interné à plusieurs reprises dans différents hôpitaux psychiatrique, face à son épinglage sur la toise des diagnostics psychiatriques issus du DSM (Diagnostic and Statistic Manual of Mental Disorders). Il découvre alors que les codes du DSM sont les mêmes que ceux utilisés pour décrire les surgelés Picard. Mieux encore, il démontre que le catalogue Picard surgelés est plus puissant que le DSM pour décrire les maladies mentales !
    Les plus grands spécialistes de l’œuvre de Marco Decorpeliada sont réunis dans cet ouvrage pour évoquer les effets des découvertes de cet artiste inclassable et hors du commun dans des domaines aussi variés que la psychanalyse, la littérature, l'histoire de l'art, les sciences de gestion, la comptabilité et la chimie moléculaire. Convaincu que le roman-photo est un genre narratif sous-exploité, Benoit Vidal, explore avec L'effet schizomètre les potentialités de ce média (lui aussi difficilement classable) au service du documentaire.

    Benoit Vidal a également publié Pauline à Paris (éd. Flblb 2015), ouvrage historique mêlant photographies et images d’archives.

  • Les Nouveaux Cahiers pour la folie n°9Patricia Janody
    Les Nouveaux Cahiers pour la folie ont fonction de passerelle.
    Ils font circuler des textes et des images provenant de diverses personnes impliquées dans les différents bords de la folie. Ils ne sont l’émanation d’aucune institution. Ils visent simplement à recueillir dans leur polyphonie des « voix » qui se rapportent à la folie et qui sont résolues à ne pas se taire.
  • SPY 2018
    Crée en 2013, la revue annuelle Spy publiée par Epel fait paraître son sixième.
    Sa ligne d’ensemble inscrit la psychanalyse dans un mouvement explicitement foucaldien. À l’endroit de la psychanalyse, la revue fait montre de ce que Michel Foucault a pu appeler « une indocilité réfléchie ». Ce numéro s’ouvre sur une étude critique de la publication en 1966 des Écrits de Jacques Lacan, lesquels avaient donné lieu à la publication de plus d’un texte parmi ses lecteurs. La plupart de ces textes ont été, il y a peu, réunis par Epel dans un Lacan 66, Réception des Écrits.
    Sans dévoiler plus le contenu de ce numéro, indiquons que la revue publie aussi depuis plusieurs numéros, des textes en anglais et en espagnol.
  • Bien avant la sexualité - L'expérience érotique en Grèce ancienne David M. Halperin, John J. Winkler, Froma I. Zeitlin, Sandra Boehringer (préface et traduction dir.), Jean Allouch (postface)
    Au moment où Michel Foucault distinguait les aphrodisia grecs de la chair chrétienne et de la « bonne sexualité » contemporaine, plusieurs spécialistes de l’Antiquité, aux États-Unis et en France, se réunissaient pour mettre au jour le vaste domaine d’erôs.
    En anthropologues du passé, les hellénistes de cet ouvrage explorent des domaines variés de la vie des femmes et des hommes grecs et tentent d’appréhender ce que pouvait être l’expérience érotique dans une société d’« avant la sexualité ».
    Rêver de sexe et prévoir l’avenir, soigner les corps, célébrer les divinités, observer les visages, parler à l’assemblée, rire ensemble au banquet ou découvrir les effets brûlants du désir ; on est invité ici à la découverte d’une terre étrangère, avec les mots et les concepts d’une Grèce bien différente de celle que l’on croit connaître.
  • Nouvelles remarques sur le passage à l’acteJean Allouch
    « Passage à l’acte » est désormais d’un usage si courant que l’on ne sait plus trop de quoi il s’agit – si ce n’est un geste tout à la fois violent et réprouvé. Violent aux yeux de qui ? Réprouvé par qui ?
    On reprend ici le problème au plus près en envisageant plusieurs affaires dont le foyer incandescent est reconnu avoir été un passage à l’acte : le geste djihadiste, celui de Louis Althusser meurtrier d’Hélène Rytman et celui de Claire Lannes, héroïne de L’Amante anglaise, dont la figure fut conçue par Marguerite Duras en prenant ses marques dans un fait divers.
    Plus inattendue sans doute apparaîtra l’incidence du « passage à l’acte éclairé » au cœur même de l’expérience analytique, notamment en son commencement et sa fin.
  • Les Nouveaux Cahiers pour la folie n°10Patricia Janody
    Pour fêter le n°10 des Nouveaux Cahiers pour la folie : nouvelle maquette, plus de pages, même prix.

    - Bon anniversaire !
    - Eh oui on est encore là... On est où, au fait ?
    - On invente ensemble de nouveaux lieux.
    - On a les moyens ?
    - Pas du tout. Aucun moyen. On se met à plusieurs et on fabrique avec notre absence de moyens.
    - C’est du fragile, alors ?
    - C’est du solide. Pile les façons de faire qui échappent aux nomenclatures.
    - Comme un poème...

  • SPY 2019
    Revue annuelle, pour son septième numéro, Spy continue à nouer des fils du parcours philosophique de Michel Foucault avec l’orientation lacanienne au champ freudien, l’accent étant porté sur une forme de spiritualité. Ce qui se nomme spycanalyse. Si le frayage de J. Lacan est particulièrement étudié dans ce numéro, celui-ci s’ouvre sur un long texte qui vaut comme un manifeste d’érotologie côté femmes.
  • Chers collègues inconnus - Zone 3Patricia Janody
    Entre gens exerçant la même profession, on se reconnaît « collègues ». Qu’est-ce à dire lorsqu’il s’agit de clinique ? Invitée à parler de ses deux derniers ouvrages en Amérique centrale, Patricia Janody s'est risquée à une collaboration d'un genre particulier, sur le simple fait de collaborer.
    Elle en rend compte ici sur le mode épistolaire : « Qu'est-ce que nous fabriquons encore ensemble, chers collègues ? » D’autant que la clinique paraît toucher à sa fin. Y a déjà touché, peut-être.
    Reste la possibilité de converser entre collègues. En sorte que ça explose, par intermittences, mais que, du moins, ça continue à courir. Entre un territoire et un autre, une langue et une autre, un nous et un autre. Et puis parfois, pour les cures comme pour ce qui se trame entre collègues, se fraie un passage à rebours.
  • Les quatre crimes de Ricardo Melogno - EntretiensCarlos Busqued
    En septembre 1982, quatre chauffeurs de taxi furent assassinés lors d’une même semaine, exactement de la même manière, dans le même quartier populaire de Buenos Aires. Le meurtrier continua de vaquer dans les mêmes rues, à l’insu de la police, jusqu’à ce que son frère, découvrant l’arme utilisée, permette de connaître son nom : Ricardo Melogno.
    Ce très jeune homme avoua aussitôt, sans toutefois pouvoir dire un mot de ce qui l’aurait conduit à commettre ces crimes. Ce silence n’était nullement une dérobade ; rien ne l’aura brisé durant les trente ans de réclusion qu’il eut à purger. Et la quasi-totalité des diagnostics et traitements psychiatriques qui lui furent appliqués n’ont cessé de buter contre.
    Peu de temps avant sa libération, lors de ces entretiens avec Carlos Busqued, Ricardo Melogno répétait encore : « Si j’avais dit que je tuais pour voler, je serais en liberté depuis quinze ans. Ou que je l’avais fait pour le plaisir. Il y aurait une logique. Mais je me rappelle aucune cause, aucun détonateur. Il y a eu aucun antécédent avant. »
    Qu’y a-t-il donc au coeur de l’acte, qui se fait jour ici, et reste soustrait ?
  • Après Les Aveux de la chair - Généalogie du sujet chez Michel Foucault Sandra Boehringer & Laurie Laufer (dir.)
    Attraper erôs dans le filet du logos, l’Occident n’a pas attendu la psychanalyse pour s’y employer. Entre les aphrodisia grecs et le dispositif de sexualité moderne, il ne restait plus à Foucault qu’à déposer une dernière pièce au puzzle de son Histoire de la sexualité : que s’est-il passé au temps de la concupiscence chrétienne et du péché de chair ?
    Comment le sexe en est-il venu à polariser le rapport de soi à soi ?
    « Il m’a semblé, écrit Foucault, que la question qui devait servir de fil directeur était celle-ci : comment, pourquoi et sous quelle forme l’activité sexuelle a-t-elle été constituée comme domaine moral ? »
    À qui sont destinés les aveux ? De quoi libèrent-ils ? Quel sujet moderne l’expérience de la « chair » dans le christianisme a-t-elle contribué à construire ? Les Aveux de la chair jettent le trouble dans une « histoire de la sexualité » qui s’avère faussement linéaire et sollicite tout autant philosophes, historiens, spécialistes de la littérature et psychanalystes.

    Avec les contributions de : Jean Allouch, Thamy Ayouch, Fabrice Bourlez, Raquel Capurro, Guy Casadamont, Philippe Chevallier, Frédéric Gros, Guy Le Gaufey, Daniele Lorenzini, George Henri Melenotte, Gonzalo Percovich, Philippe Sabot, Annie Tardits, Sara Vassallo, Mayette Viltard.
  • SPY 2020
    Spy ? Spy pour les trois premières lettres de spycanalyse, la revue mettant l’accent sur une forme de spiritualité. Dans l’un de ses livres, Jean Allouch note la négligence dont font l’objet au champ freudien les manifestions de l’occulte, lequel n’est pas caché mais se situe « ailleurs » (J. Lacan). Pour obvier à cette négligence, un passage de frontière a été jugé nécessaire. D’où des Journées d’étude tenues à Namur, en septembre 2018. La plupart des exposés alors présentés sont publiés dans ce numéro. Par la grâce d’une artiste, Stéphanie Solinas, des elfes islandais parcourent les pages de ce numéro, décidément un peu particulier… Dans un fragment de 1869-1870, Nietzsche asserte : « Celui qui n’a plus le cœur à vivre des miracles, qu’il — coure à l’Union protestante ultima ratio rationis — ».
  • Le cas en psychanalyse - Essai d'épistémologie cliniqueGuy Le Gaufey
    Le cas en psychanalyse relève du traquenard logique.
    Là où l’on pourrait croire que la séance analytique se prête à merveille au cas, elle ne cesse d’y objecter : elle invalide quiconque viendrait s’offrir comme témoin entre ses deux acteurs, et jusqu’à ce tiers que serait un but poursuivi en commun. Transfert oblige.
    Cette situation d’exception a un double mérite sur le plan épistémologique : elle éclaire les conditions d’élaboration du cas dans les autres savoirs (droit, médecine, grammaire, micro-histoire, etc.), et elle rend compte de la consistance propre à l’acte analytique.

    Guy Le Gaufey exerce la psychanalyse à Paris. Il a récemment publié aux éditions Epel L’Effet de sens. Essai de sémiotique lacanienne (2018).

  • Transmaître - Jacques Lacan et son élève hérissonJean Allouch
    Certains psychanalystes sont reconnus des maîtres dans leur domaine, d’autres sont des élèves. Ce lien entre eux, différent de la relation analytique, pousse déjà à lui seul la psychanalyse dans les bras de l’université. Il s’y transmet ce qui s’appelle un enseignement.
    Plusieurs manières d’enseignement peuvent d’ailleurs être distinguées. Toutefois, dans le champ freudien est rendu manifeste plus franchement qu’ailleurs un rapport maître/élève qu’on reconnaîtra sexué.
    Ainsi Jacques Lacan eut-il ce qu’il dénommait, en usant d’un possessif, « mes élèves ». Selon lui : des hérissons.
    Schopenhauer avait fait état de la difficultueuse copulation des hérissons, bientôt suivi par Freud qui, s’en allant aux États-Unis, déclara qu’il allait y rencontrer des wilds porcupines – ceux-là mêmes qu’il souhaitait rallier à sa cause.

    Cet ouvrage fait suite au livre La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ? Réponse à Michel Foucault (Epel, 2007) du même auteur.

  • Les Nouveaux Cahiers pour la folie n°11Patricia Janody
    De confiture en confusion, on y revient au confinement, entendu à plusieurs voix avec ses traversées tout à la fois solitaires et collectives, par certains qui sont en position de patients comme par certains qui sont en position de soignants, dans des lieux psychiatriques et dans bien d’autres lieux.
    - Alors la page est à nous
    - Et à moi, je peux dire que la page est à moi ?
    - Heu... Pas à toi seul, mais oui, elle est à toi
    - Donc tu m'as reconnu ?
    - Bien entendu. Depuis le temps qu'on s'engu...Enfin, depuis le temps qu'on dialogue.
    - Non, tu ne m'as pas reconnu. Je suis lui. Je suis devenu lui.
    - Qui lui ?
    - Lui. Le virus, tiens !
    - Ok. Si tu le dis.
    - C'est tout ce que ça te fait ?
    - Qu'est ce que tu veux que je te dise ? Tu as le droit de contribuer aussi : ça s'appelle « Les Nouveaux Cahiers pour la folie »
    - T'es con-
    - Toujours aimable
    - T'es confit-
  • Le désir et la grâce - Saint Augustin, Lacan, PascalSara Vassallo
    Aucun autre livre à ce jour n’a tissé de liens aussi convaincants entre Lacan et Augustin autour d’une question commune : celle de l’altérité.
    Augustin n’a cessé de dénoncer, contre Pelage, une conception de la grâce qui fait la part trop belle à l’homme, et trop mince à Dieu. En explorant cette querelle oubliée, Sara Vassallo montre à quel point elle reste présente chez Lacan, qui prend appui sur Augustin pour mieux éclairer son Autre.
    Dans son combat contre les Jésuites, Pascal avait déjà repris le flambeau anti-pélagien de la grâce nécessaire (un don de Dieu) contre la grâce suffisante (obtenue par les œuvres).
    Comme Pascal avec la casuistique jésuite, Lacan pouvait lire, dans la dérive psychologisante de la psychanalyse, le même souci pélagien de composer avec l’altérité.

    Sara Vassallo enseigne la philosophie et pratique la psychanalyse à Buenos Aires. Elle a elle-même traduit et adapté son livre El deseo y la gracia. San Agustín, Lacan, Pascal. Elle a également publié en français Sartre et Lacan. Le verbe être : entre concept et fantasme, L’Harmattan (2003).

  • SPY 2021
    Annuelle, la revue Spy est publiée par les éditions de l’École lacanienne de psychanalyse, elle prend donc des appuis sur le frayage analytique de Jacques Lacan mais aussi sur le parcours philosophique de Michel Foucault. Spy ? Spy pour les trois premières lettres de spycanalyse, la revue mettant l’accent sur une forme de spiritualité. Cette neuvième édition ouvre sur le soulèvement au sens de Foucault. Il est le fait de « n’importe qui » s’y risque. Il prend des formes multiples spectaculaires ou discrètes. Un texte fait écho au manifeste publié dans Spy 2019 : « L’érotique sexuée « feumelle » : origyne ».
    Dans la suite d’un colloque tenu l’an dernier à Paris sur le dialogue entre Pierre Soury et Jacques Lacan, est à nouveau abordé un moment de l’énoncé énigmatique (?) d’un Lacan critique de la « sexualité » selon quoi « Il n’y a pas de rapport sexuel ».