Nouveautés

  • Sacrifiée par l’artiste puis oubliée avec elle, l’œuvre de Camille Claudel a failli disparaître. Interprétée comme un récit tragique de sa vie, elle a resurgi à la fin du XXe siècle. La compassion pour la femme victime et folle s’est alors mêlée à l’admiration, obscurcissant l’appréciation de l’œuvre.

    Comment, au XXIe siècle, légende et histoire ont-elles pu se confronter, se succéder, cohabiter, pour finir par donner aujourd’hui sa place à l’artiste ? Littérature, psychanalyse, sociologie et histoire de l’art permettent à Danielle Arnoux d’éclairer ce réenchantement.

    Les gourmands du détail découvriront quelles sculptures de Camille Claudel furent exposées en Italie en 1911.

  • Le sexe peut-il nous rendre heureux ? Posée par Freud dans Malaise dans la civilisation, cette question fut au départ des réflexions de Leo Bersani sur la sexualité, la psychanalyse et l'art.
    Dans ses travaux antérieurs (Baudelaire et Freud, Théorie et violence), Leo Bersani soulignait, après Freud et Lacan, l'affinité de la sexualité avec l'agressivité et la pulsion de mort plutôt qu'avec le bonheur. Il précise ici sa résistance à ce qu’il a critiqué, dans la théorie queer, comme la foi en un bonheur sexuel enfin libéré des impératifs de la normativité hétérosexuelle et (mariage gai aidant) homosexuelle.
    Par son appel à de « nouveaux modes relationnels », Foucault a suscité chez Leo Bersani un nouveau point de départ, qu’oriente une subjectivité en correspondance sensuelle avec le monde : non plus le désir, mais le plaisir de tracer des mouvements, psychiques aussi bien que physiques. Ce sont là les formalisations d'un sujet esthétique et, partant, d'une nouvelle éthique.
  • Chérir, plutôt qu'éradiquer, la diversité des pratiques sexuelles, tel est le programme d'une théorie politique radicale de la sexualité selon Gayle Rubin.
    Sa mise en œuvre s'est heurtée à la volonté permanente d'imposer une bonne sexualité : hétérosexuelle, monogame, conjugale, gratuite, intra-générationnelle, génitale, à deux, procréative, sans sex toys ni usage de pornographie. Gayle Rubin, féministe et lesbienne militante, est ainsi devenue la cible de la droite étatsunienne comme de pans entiers des mouvements féministes et lesbiens.
    Écrivant sous forme d'articles clairs et décisifs, elle a ouvert la voie au développement d'outils d'analyse spécifiques pour comprendre les oppressions matérielles et symboliques subies par les hors-la-loi du sexe et a contribué à la fondation de la théorie féministe, des études de genre et de la théorie queer.
    Les réflexions de Michel Foucault sur l'éthique du sadomasochisme masculin se trouvent ici éclairées par celle qu'il appelle "notre amie Gayle Rubin".

  • Savez-vous que la solution du problème soulevé par La Vénus à la fourrure ne se lit pas dans les commentaires auxquels ce roman à succès a donné lieu ? Que cette solution, c’est Leopold von Sacher-Masoch qui s’est employé lui-même à la délivrer ? Et qu’elle se trouve dans un autre roman, La Madone à la fourrure, qu’Epel publie ces jours-ci ?
    Savez-vous que toutes les éditions en français de La Madone à la fourrure au XXe siècle sont des reprises paresseuses d’une traduction parue en 1874 ? Qu’il y manque 30% du texte, notamment la plus grande partie des dialogues philosophiques ? Que toutes les mentions « Leopold » ou « Sacher-Masoch » y ont été gommées, alors même que ce nom d’auteur est aussi celui du narrateur, présent dans l’ouvrage ?
    L’élégante traduction enfin intégrale de La Madone à la fourrure, due à Vianney Piveteau, est ici suivie d’une postface qu’il signe avec Jean Allouch. Il était plus que temps, en effet, de reprendre la question du masochisme, de son articulation ou absence d’articulation avec le sadisme, au point où l’avaient portée Gilles Deleuze et Jacques Lacan en 1967. On y apprend comment et pourquoi, décidément non, Leopold von Sacher-Masoch n’était pas spécialement soluble dans le masochisme.
  • Premier ouvrage de Sigmund Freud, cette étude des aphasies est publiée en 1891. En critiquant pied à pied les conceptions organicistes de ses collègues aphasiologues et en cherchant à rendre compte de données cliniques disparates, Freud est conduit à forger des concepts – représentation de mot, représentation d’objet – que l’on retrouvera tout au long de l’œuvre à venir.
    Plus encore : il construit ici un « appareil de langage » aussi argumenté, précis et détaillé que l’appareil psychique du célèbre chapitre VII de L’Interprétation du rêve, neuf ans plus tard. Le rapport de la future psychanalyse à la fonction de la parole et au champ du langage y est déjà affirmé avec force.

    La présente traduction se fonde sur l’édition critique allemande de 1992, établie par Paul Vogel et Ingeborg Meyer-Palmedo.
  • Françoise Dezoncle, Unfair pour Michel ONFRAY, Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne
    Marie-Claude Thomas, Ballet autour de Freud via Kelsen pour Étienne BALIBAR, Freud et Kelsen, 1922. L'invention du surmoi
    Laurent Cornaz, Éros, sexé. Autopsie du mythe freudo-lacanien de l'analyse originelle pour Lydia Marinelli et Andreas MEYER, Rêver avec Freud. L'histoire collective de L'interprétation du rêve et pour Jean Allouch, L'amour Lacan
    Guy Casadamont, Homonymie Monroe - Marylin pour Michel SCHNEIDER, Marylin dernières séances